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1er mai 2018: Les syndicats divisés?

Le 1er mai de cette année est commémoré de manière particulière au Burkina Faso. Si certains syndicats refusent de boycotter les travaux sur la réforme du système de rémunération, l’Union d’action syndicale (UAS) n’a pas remis de cahier de doléances cette année pour la simple raison que celui de 2017 n’a pas connue de négociation.

Des militants de syndicats dans des rues de Ouaga ce 1er mai (ph Fasozine)

«Ce gouvernement n’aura pas de répit». C’est une des prises de position de Basolma Bazié, le secrétaire général de la CGT-B dès la prise de fonction du président Roch Marc Christian Kaboré. Bazié trahissait ainsi la stratégie en préparation au niveau du monde syndical pour ébranler le gouvernement qui a été mis en place. Le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement a enregistré 75 jours de grèves entre 2016 et 2017.

La suite de ses grèves est connue. Le gouvernement a toujours privilégié le dialogue et la concertation avec les syndicats pour trouver des solutions aux problèmes soulevés. Au cours des 2 précédentes années, le gouvernement a signé de nombreux protocoles d’accord qu’il tente de mettre en œuvre. Régulièrement, des rencontres de suivi de la mise en œuvre de ces accords sont tenues dans différents ministères.

Pendant donc les 2 précédentes années, le gouvernement n’a pas chômé pour ce qui concerne l’amélioration des conditions de vie des travailleurs du public. C’est dans ce contexte que le 1er mai 2017, les syndicats ont remis le cahier de doléances 2017. Un cahier de doléances qui n’a pas suscité la moindre rencontre parce que la résolution des problèmes soulevés par les syndicats sectoriels a plus occupé le gouvernement. Pouvait-il en être autrement au cours d’une année où le gouvernement a passé son temps dans des négociations avec des syndicats sectoriels?!

Las de résoudre les problèmes au cas par cas, le gouvernement a choisi de reformer le système de rémunération des agents publics afin de mettre fin aux inégalités dans les traitements. Si une partie des syndicats a répondu présente à l’invitation du gouvernement en proposant des solutions, la CGT-B a préféré jouer la politique de la chaise vide.

Une situation qui ne grandit pas le monde syndical qui a déjà étalé ses divergences lorsqu’il s’est agi de désigner des représentants pour le Haut conseil du dialogue social dont les membres seront installés ce 3 mai. La réforme du système de rémunération des agents publics est très attendue par plusieurs agents publics depuis que l’information portant sur le fonds commun servi aux agents du ministère en charge des Finances a été rendue publique. La grande majorité des agents de l’Etat ne comprennent pas pourquoi une prime de motivation peut dépasser le salaire d’un agent. Ils attendent de voir comment le gouvernement compte mettre fin à cette injustice. La commémoration de ce 1er mai 2018 est alors intervenue dans un contexte très particulier au Burkina Faso.

A K

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