Accueil » Gouvernance - Développement » 2016: une année d’austérité pour le président du Faso et son gouvernement

2016: une année d’austérité pour le président du Faso et son gouvernement

Un proverbe de chez nous dit: «Même si tu n’aimes pas le lièvre, il faut reconnaître qu’il court vite». Ce proverbe peut s’appliquer au président du Faso Roch Marc Christian Kaboré et aux membres de son gouvernement qui essuient les critiques souvent inutiles de Burkinabè. Certains les qualifiant de  »diesel » comme s’ils ne faisaient rien depuis leur arrivée au pouvoir. Pourtant, il faut savoir reconnaître les efforts consentis, surtout l’austérité dont ils ont fait preuve pour maintenir le pays debout.

Le gouvernement du Burkina Faso
Le gouvernement du Burkina Faso

Dès leur installation au pouvoir, le président Roch Marc Christian Kaboré et son gouvernement ont pris des mesures pour remettre le pays sur les rails. En effet, la mauvaise gouvernance instaurée sous l’ère Compaoré avait étendu ses racines dans tous les services administratifs à telle enseigne que le budget national en pâtissait. La période de la Transition n’a pas non plus été un exemple de bonne gouvernance.

Beaucoup d’argent qui devait revenir au budget national atterrissait dans les poches d’une poignée d’individus. Cette répartition inéquitable des ressources a été un des éléments déclencheurs de l’insurrection d’octobre 2014.

Le gouvernement de Paul Kaba Thiéba a mis fin à cette pagaille. Les ressources collectées sont désormais déposées au Trésor public, ce qui a contribué à atteindre un niveau record de mobilisation de recettes en un an. A ce propos, le budget de l’Etat a augmenté de 400 milliards de F CFA entre l’arrivée de Paul Kaba Thiéba et cette fin d’année. Personne ne se pose la question de savoir d’où provient cet argent? C’est le fruit de la bonne gouvernance tout simplement et les économies faites sur la rationalisation des charges de fonctionnement de l’administration publique et dans la réduction du train de vie de l’Etat.

Quelques mesures explicites

Il a été procédé à la réduction des dotations en carburant dans les services publics. Jadis, les services commandaient le carburant et le répartissaient sans base légale. Seuls quelques privilégiés qui n’en avaient pas besoin en bénéficiaient au détriment de la majorité des agents. Les bénéficiaires préféraient les distribuer à leurs amis ou membres de la famille. La rationalisation des dotations en carburant a permis de corriger les injustices même si des efforts restent à faire. Des mesures ont également été prises afin d’opérer des économies de dépenses sur les consommations d’eau, d’électricité et de téléphone des administrations publiques.

Pour donner l’exemple, les membres du gouvernement se sont imposé une certaine austérité.

Ils ont limité le nombre de voitures qui leurs sont allouées. Aussi, dans chaque ministère, il a été mis en place un pool de voitures à l’attention des agents pour l’exécution des tâches. Cette mesure a réduit le nombre de voitures mises à la disposition de certains responsables. De nos jours, il est difficile d’observer un très grand nombre de véhicules stationner devant le domicile d’un ministre comme c’était le cas de par le passé.

Après voir restreint l’ouverture des téléphones fixes, le président du Faso, les membres du gouvernement et les présidents d’institutions ont plafonné les crédits de communication qui leur sont alloués.

L’opérationnalisation de cette mesure a été adoptée en Conseil des ministres du 30 mars 2016 à l’issue de laquelle, 400 000 F CFA de communication par mois sont alloués au Président du Faso, au Premier ministre, au ministre d’Etat, au ministre de la Défense, au ministre de la Sécurité et à celui des Affaires étrangères. Les autres ministres, les Présidents d’institutions et des autres personnalités ayant rang de ministres reçoivent désormais 200 000 F CFA de crédits de consommation par mois.

Le gouvernement a aussi procédé à la rationalisation des missions afin de réduire leurs poids sur le budget national.

Ces mesures ne sont pas exhaustives. Mais elles ont eu le mérite de faire de grosses économies qui ont servi à financer les investissements. Il faut avoir le courage de reconnaître que 2016 a été l’année où le plus d’argent a été investi dans les infrastructures. Il suffit de répertorier le nombre de nouvelles routes bitumées, le nombre de pistes rurales construites et le nombre de routes ayant fait l’objet d’entretien. Toutes ces sommes d’argent payées à des entreprises ont contribué à la relance économique.

Ces mesures ne sont pas de nature à plaire à tout le monde, surtout à ceux qui bénéficiaient d’avantages indus sous l’ère Compaoré et sous la Transition.

C’est le cas de ces agents publics qui étaient passés maîtres dans l’enrichissement illicite et ne comptaient plus sur leur salaire. L’exemple de cet agent qui a passé plus de 400 jours dans des séminaires au cours d’une seule année qui n’en compte que 365 en est l’illustration. Ce dernier ne peut pas applaudir le pouvoir actuel qui a mis fin à ces mauvaises pratiques.

Avec les nouvelles mesures, ces agents qui ne peuvent plus faire face à leurs charges manifestent leur mécontentement à travers des grèves pour exiger des augmentations de salaires. Une bonne partie des plaintes enregistrées sur la situation économique du pays proviennent de nombreux agents qui perçoivent leur salaire en temps réel mais qui ne peuvent plus bénéficier d’avantages indus. Il serait intéressant de se mettre au travail.

Adoua Kassiro

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *