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2018: année de la région du Centre-Sud

Daouda Azoupiou du Nahouri

On le savait depuis que le compte rendu du Conseil des ministres du mercredi 29 juin 2016 a adopté un rapport relatif à la programmation des festivités tournantes de la fête nationale. L’ancienne programmation a pris fin en 2017 avec la région du Sud-Ouest à Gaoua. Avec la nouvelle programmation, les festivités vont se dérouler en 2018 à Manga, dans la région du Centre-Sud, en 2019 à Banfora, dans la région des Cascades, en 2020 à Ziniaré, dans la région du Plateau Central et en 2021 à Tenkodogo, dans la région du Centre-Est. La boucle sera ainsi bouclée, puisque Ouagadougou avait de tout temps accueilli les 11-Décembre, plus les rendez-vous manqués de 2011 à Koudougou et de 2015 à Kaya.

Tous les projecteurs sont donc braqués sur Manga et le Centre-Sud. 2018 est donc une année charnière pour la région.

La commémoration tournante de cette fête a commencé en 2008. Fada N’Gourma, la capitale de la région de l’Est, est la première ville à abriter cette célébration.

Se sont succédé ensuite les villes de Ouahigouya (Nord, 2009), Bobo-Dioulasso (Hauts-Bassins, 2010 pour le cinquantenaire). Koudougou devrait prendre le relais en 2011 mais la grave crise socio-politique n’a pas permis de tenir ce rendez-vous. C’est en 2012 que le pari a été tenu avant que Dori (2013) et Dédougou (2014) respectent leurs engagements.

En 2015, une fois encore patatras, puisque les festivités qui devraient se tenir à Kaya (Centre-Nord) ont été reportées à 2016. Le coup d’Etat déjoué du Général Diendéré en est la cause.

Mais avant cela, il a fallu que les populations protestent véhément pour maintenir leur tour car le gouvernement, par la voix du ministre de l’Administration territoriale à l’époque, Jérôme Bougouma, avait attribué cette préséance à la région du Plateau Central dont le chef-lieu est Ziniaré, patelin de l’ancien président Blaise Compaoré.

Il avait, en effet, soutenu devant l’Assemblée nationale, le 20 décembre 2013, que la commémoration du 11-Décembre 2015 revenait à la région du Plateau Central et non à celle du Centre-Nord.

Le lendemain 21 décembre 2013, très tôt le matin, des manifestants avaient pris d’assaut les artères de la ville et ont bloqué la circulation aux principales entrées de Kaya, avant de rallier le gouvernorat pour exiger le maintien de leur région pour accueillir les festivités commémoratives du 11-Décembre 2015.

 

Jean Claude Bouda du Zoundwéogo

Trois provinces, trois ministres

Après cette longue digression, revenons à ‘’l’année de l’année’’ du Centre-Sud pour dire qu’en plus d’accueillir les festivités du 11-Décembre 2018, la région a, sauf erreur ou omission, pour la première fois, ‘’placé’’ trois ministres dans un gouvernement.

En effet, en plus des provinces du Zoundwéogo et du Bazèga qui comptaient déjà des ministres (respectivement Jean Claude Bouda et Niouga Ambroise Ouédraogo), le Nahouri a également été gratifié d’un département ministériel avec Daouda Azoupiou aux Sports et Loisirs.

Un grand ‘’cadeau’’ du président Roch Kaboré car, depuis l’époque de Ouala Koutiébou aux Transports et au Tourisme (1992 à 1996 sous la bannière ADF de l’opposant Me Hermann Yaméogo), puis Zouleymane Zibaré au Travail, à l’Emploi et à la Sécurité sociale en 1996, aucun fils de cette province n’avait plus fait partie d’un exécutif. Avant eux, personne non plus.

Niouga Ambroise Ouédraogo du Bazèga

Alors, si le président Roch a fait fi des équilibres pour donner trois ministères à la région en offrant un département ministériel plein à la province du Nahouri (22 ans après le départ du dernier ministre), les populations du Centre-Sud en général et celles du Nahouri en particulier doivent lui être reconnaissantes. A ne pas oublier le poste d’ambassadeur de Maria Goretti Agalwoué épouse Dicko (après les départs de Aissé Georges Mensah et Télesphore Yaguibou dans les années 70 à 80). Avec le démarrage des travaux de construction du pont sur le Nazinon et les infrastructures qui vont venir dans le cadre du 11-Décembre, la moisson sera assurément grande. Quand on n’avait rien, ce qui semble peu aux yeux des autres doit être considéré autrement.

Au lieu donc de se mettre en marge de ce nouveau processus porteur d’espérance et de développement, la jeunesse devrait se mobiliser pour en tirer le plus grand bénéfice en travaillant à gagner encore plus la sympathie des dirigeants.

Lorsqu’on te lave le dos, lave-toi le visage, dit l’adage. Il y a un temps pour faire la politique politicienne et un autre pour se rassembler et se donner la main autour de l’essentiel.

Hidogo

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