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Don de 130 tablettes aux députés: au-delà d’un cadeau empoisonné, quels enseignements?

Depuis l’insurrection populaire, on sent que les Burkinabè sont de plus en plus enclins à dénoncer tout acte ou comportement contraire à l’éthique, une conduite associée ici au sens du compromis, sorte de supplément d’âme, qui réussirait à résorber par avance un possible conflit entre conviction et responsabilité.

La ministre du développement de l'Economie numérique et des poste remettant au président de l'Assemblée nationale les 130 tablettes
La ministre du Développement de l’économie numérique et des Postes remettant au président de l’Assemblée nationale les 130 tablettes

La dernière polémique est relative au don de 130 tablettes de la Société Huawei international à l’Assemblée nationale, pour les députés. Problème, ce don aurait une odeur de corruption du fait que Huawei est une société privée qui a été bénéficiaire d’un marché de l’Etat burkinabè de plus de 4 milliards de francs CFA par «appel d’offres restreintes et accélérées» en juin dernier. Sur les réseaux sociaux, des citoyens sont scandalisés par ce geste qui ne reflète pas l’esprit des insurgés. Ils estiment que nos députés se seraient laissés aller à une pratique relevant du trafic d’influence. Au-delà du fait que le cadeau soit empoisonné ou pas, cette alerte des uns et des autres est une vive interpellation des hommes publics à exercer leurs responsabilités en pleine indépendance. Cela est d’autant plus vrai que le député représente l’intérêt général du peuple. Il doit donc se comporter comme s’il avait prêté serment au peuple à rester droit comme une aiguille.

L’éthique est devenue, au fil des ans, un instrument de la bonne gouvernance. Surtout aux 21 siècle où l’on constate la déliquescence de nos valeurs. Où la  morale est devenue un mot tombé en désuétude, quand sa portée n’est pas jugée trop relative.

Dans une société où l’individu est malheureusement devenu transparent à lui-même, manipulable, et instrumentalisable, la remise en valeur de l’éthique en tant qu’instance productrice de repères axiologiques et normatifs s’impose comme une nécessité. Dans ce sens, aux Pays des Hommes intègres, la quête d’éthique correspond aujourd’hui à une intention d’encadrer, de limiter, voire de punir les transgressions qui mettent en cause, des normes de comportement et des repères moraux devant régir le nouveau Burkina. Pour cela, l’éthique représente la capacité de résister aux interdits. C’est justement ce que la population attend de tout responsable privé ou public. Chacun de nous est donc interpellé à commencer par les élus du peuple qui gèrent une institution symbolique de la République. La grogne autour de ce don mérite donc plus d’explications de la ministre du Développement de l’économie numérique et des Postes afin d’éviter, que par manque d’informations justes et vraies, certaines personnes n’en fassent un scandale qui n’en est peut-être pas un. S’il s’agit au contraire d’une erreur commise, alors, les autorités doivent se ressaisir et la corriger sans tarder. L’objectif est d’éviter de faire croire que l’on encourage de petites corruptions à coups de petits cadeaux. Les Burkinabè veulent voir en la nouvelle équipe, un comportement de rupture avec les méthodes d’antan. Une nouvelle éthique pour un changement meilleur. Ce que le Premier ministre Paul Kaba Thiéba souhaitait le 07 janvier 2016 dès sa nomination: «le patriotisme, le combat et l’engagement, l’attachement viscéral à l’éthique et à la probité, la compétence, etc.

Théophile MONE

Un commentaire

  1. Ce don serait remis aux Agents chargés de remplir les caisses de l’État qu’il n’aurait rien soulevé! Ce serait comme une récompense pour les services antérieurs rendus.

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