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Vente de parcelles SONATUR: une spéculation à ciel ouvert

Nè-WendéLa Société nationale d’aménagement des terrains urbains (SONATUR) a entrepris de vendre par tirage au sort ses parcelles dans certaines villes du Burkina. A Ouagadougou, le premier jour de l’opération a mobilisé un tel monde que le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme a dû se déplacer sur place pour constater l’engouement et décider illico presto que les inscriptions vont désormais être possibles en ligne. Le premier inscrit s’était aligné la veille à 16h, soit 16 heures avant le début des inscriptions! Nè Wendé!

Les jours suivants, la mobilisation n’a pas faibli. 421 personnes ont été tirées au sort sur un total de 37 367 souscripteurs. Mais, mais, est-ce la meilleure façon de satisfaire ceux qui ont réellement besoin de parcelles SONATUR? Absolument pas. Car ce procédé est une méthode simplement populiste. Nè Wendé!

Il n’y a qu’à regarder le profil des inscrits! Ils se sont alignés des heures durant sous le soleil et ont dû bander le muscle pour occuper une place. Ils sont allés déposer leurs dossiers et surtout ceux de leurs ‘’tuteurs’’. Ces milliers d’inscrits sont en réalité des spéculateurs, des trafiquants. Parmi eux, beaucoup n’ont aucun kopeck pour acheter un centimètre carre de parcelle, encore moins construire. Ils se sont simplement alignés pour tenter la chance d’être tirés au sort. Nè Wendé!

C’est pourquoi, dans les jours qui vont suivre, un printemps de ventes de parcelles va être constaté. Beaucoup ne pourront même pas effectuer le premier versement. Ils vont vendre le récépissé ‘’TTC’’, c’est-à-dire qu’ils tenteront de fructifier le papillon qu’ils auront obtenu à son coût SONATUR plus le bénéfice. Pas moins d’une brique en sus. Beaucoup veulent profiter de cette ’’aubaine’’ pour se faire de l’argent. La vie est dure et y a pas boulot. Nè Wendé!

Le revers de l’opération est le risque que ce soit ceux qui ont déjà assez de parcelles qui se retrouvent acquéreurs. Les prête-noms sont une pratique en vogue sous les tropiques. Quitte à ne pas savoir quoi en faire. Le Burkinabè ne sait pas investir son argent et pense que immobiliser ou ‘’thésauriser’’ ses avoirs dans l’immobilier est productif. Pourtant, acheter des actions est un investissement sûr. Nè Wendé!

Certes, l’opération est un franc succès et permettra à l’Etat et à la SONATUR de faire de grosses recettes, mais est-on certain d’avoir réalisé un coup utile à travers cette vente ‘’wanter’’ de parcelles? Nè Wendé!

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