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Après son journal, le nom Norbert Zongo pourrait disparaître

Qui trop embrasse mal étreint, dit la sagesse. Le Collectif contre la vie chère (CCVC) est, selon le programme concocté pour le 13 décembre prochain, en train de «ratisser large» comme aimait à le dire le procureur Abdoulaye Barry. On peut même y voir un clin d’œil à Blaise Compaoré, celui-là même qui n’a jamais été le pote sûr la CCVC, quand il a fait son programme de large rassemblement. En empruntant à Karl Marx, nous disons journalistes de tout le Faso, unissons-nous pour défendre notre confrère qui a été assassiné de façon barbare, inhumaine par des hommes qui ne sont pas nos contemporains mais des hommes du Neandertal, de Cro-Magnon. Il faut que les organisations et associations de presse se dressent contre le détournement qui est en train de s’opérer concernant le 13-Decembre.

Feu Norbert Zongo
Feu Norbert Zongo

En acceptant l’imposture, nous, hommes et femmes de médias, allons participer à un autre boucanage de Norbert Zongo. Et dire que dans la CCVC il y a des journalistes! Comment ont-ils laissé passer cette grosse couleuvre? Ne nous laissons pas aller dans un ‘’poncepilatisme’’ coupable.

Déjà, c’est avec consternation qu’il faut voir ce qu’est devenu le journal L’Indépendant. C’était la raison de vie et de mort de Norbert Zongo. Si un journal devait prospérer au Burkina, c’est bien L’Indépendant. Malheureusement, et les amis et les lutteurs contre l’impunité n’ont pas fait en sorte que vive L’Indépendant. A chaque 13-Décembre, les discours mielleux tournent autour des investigations que menait Norbert Zongo sur le petit frère de Blaise Compaoré et ces enquêtes sont la cause de son assassinat.

Les uns et les autres se sont saisis du Norbert Zongo pour des ambitions personnelles et les revoilà qui veulent en finir avec son nom après son journal. Il faut ratisser large car le nom Norbert Zongo à lui seul ne fait plus recette. Suivez mon regard vers la communauté internationale, le bras financier.

En mettant dans le même sac l’affaire Dabo Boukari, les victimes de l’insurrection et du coup d’Etat manqué, cela fait un bon paquet qui peut amadouer et atteindre les sensibilités. Non, non et non, notre confrère Norbert Zongo ne mérite pas ça. Il a donné sa vie pour nous ouvrir grandement les portes de la liberté démocratique. Alors, hommes et femmes des médias, prenons notre destin en main et faisons nôtre le 13-Décembre. Les autres peuvent venir en soutien mais ils ne doivent pas être les maîtres d’œuvre.

Ousmane Hébié

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