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Forces armées nationales: désormais un militaire peut être nommé membre de gouvernement et aux hautes fonctions de l’Etat

Le jeudi 24 novembre 2016, les députés de l’Assemblée nationale réunis en séance plénière, ont adopté trois projets de loi. Il s’agit respectivement du projet de loi portant modification de la loi N°25-2010/AN du 18 mai 2010 portant régime juridique applicable aux emplois des enseignants-chercheurs, des enseignants hospitalo-universitaires et des chercheurs au Burkina Faso, de la loi portant statut général des personnels des Forces armées nationales et de celle portant condition d’avancement des personnes d’active des Forces armées nationales (FAN).

Le Président de l'Assemblée nationale, Salifou Diallo
Le Président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo

C’est à l’unanimité que les 120 députés sur les 127 députés que compte le parlement burkinabè ont donné leur quitus à l’adoption de ces projets de loi. Présidée par Salifou Diallo, cette plénière a connu la présence du ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré, représentant le gouvernement.

Le gouvernement était représenté par le ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré
Le gouvernement était représenté par le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré

Les deux projets de loi portant statut général des personnels des Forces armées nationales et condition d’avancement des personnes d’active des Forces armées nationales (FAN) ont beaucoup retenus l’attention des députés. La Commission de la défense et de la sécurité (CODES) affectataire de ce dossier a justifié le contexte en indiquant que dès sa promulgation le 25 juin 2015, la loi portant statut général des personnels des Forces armées nationales a fait l’objet de beaucoup de critiques au sein des FAN. C’est en vue de remédier à ces difficultés et d’adapter le statut d’une part au contexte général actuel et d’autre part aux réalités actuelles des FAN que l’idée d’une relecture s’est imposée. Ainsi, cette relecture permet désormais au militaire d’être nommé membre de gouvernement et aussi aux hautes fonctions de l’Etat.

Désormais, un militaire peut être appelé au gouvernement ou à occuper de hautes fonctions
Désormais, un militaire peut être appelé au gouvernement ou à occuper de hautes fonctions

Selon le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré, il ne sera plus jamais permis à un militaire d’être membre d’un parti politique ou de faire de la politique, car il peut de par sa position de haut gradé, influencer le cours de la démocratie. Toutefois, il a noté que les militaires ne sont pas seulement ceux qui manient les armes. «Il y en a qui sont des médecins, des magistrats militaires, des ingénieurs…», a-t-il expliqué. De ce fait,  la Nation doit pouvoir les appeler, non pas parce qu’ils sont militaires, mais parce qu’ils ont des compétences pour diriger tel ou tel secteur. C’est au vu de cela, dit-il, que la loi permet maintenant au militaire d’être nommé membre de gouvernement et aussi aux hautes fonctions de l’Etat.

Les députés ont voté à l'unanimité les trois projets de loi
Les députés ont voté à l’unanimité les trois projets de loi

Aussi, poursuit le ministre Compaoré, désormais, il ne suffit plus de connaitre le ministre ou le président pour pouvoir évoluer tranquillement dans la hiérarchie militaire. Cet avancement  doit être fait sur la base des compétences intrinsèques qui sont définies dans les deux projets de loi, dont l’un porte sur le statut du personnel militaire et l’autre sur les conditions d’avancement. Selon ses confidences, avant il y avait du vide qui avait permis à certaines choses d’être proposées, ce qui avait posé des problèmes au sein de l’Armée. «Sous la Transition, la loi a été modifiée pour des raisons personnelles. On ne peut pas quitter de lieutenant-colonel pour se bombarder général parce qu’on veut commander d’autres généraux et sauter quatre grades», a fait remarquer le président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo.

Et Simon Compaoré de renchérir. «Ce sont ces flous ou ces non dits dans les textes au sein de l’Armée qui ont amené des problèmes de cohésion et de discipline». Mais avec l’adoption de ces lois, «on ne pourra plus laisser libre court à des interprétations parce que les textes sont assez précis. «Seules la détermination, la capacité, les qualités professionnelles vont pouvoir compter dans la progression au sein de l‘Armée», a-t-il révélé.

Madina Belemviré

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