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Lutte contre le Sida en Afrique: entre avancées et nouveaux défis

A l’instar des autres années, le 1er décembre est dédié à la journée mondiale de lutte contre le SIDA. Une opportunité de faire le bilan de la lutte contre cette pandémie et de prendre conscience des nouveaux défis à relever main dans la main en vue d’un monde sans SIDA.

Après les avancées notables des dernières années, la lutte contre le Sida a encore besoin, plus qu'hier de forte coalition pour atteintre les objectifs de développement durable
Après les avancées notables des dernières années, la lutte contre le Sida a encore besoin, plus qu’hier de forte coalition pour atteintre les objectifs de développement durable

La 21e conférence internationale sur le sida qui s’est tenue le 18 juillet dernier à Durban (Afrique du Sud) a permis de faire le point sur la situation mondiale et de relancer les efforts contre l’épidémie, qui a fait plus de 30 millions de morts. L’heure n’est plus à l’enthousiasme béat qui autorisait certaines personnes à proclamer la fin programmée du virus ou à envisager son éradication très prochaine. Et pour cause: le VIH infecte encore 2,5 millions de personnes par an. De plus, devant le sida, les inégalités mondiales réapparaissent: plus de 90% des personnes vivant avec le VIH résident dans les pays en développement et plus de 75% des cas d’infection sont recensés sur le continent le plus pauvre de la planète: l’Afrique.

Les inégalités ne s’arrêtent pas aux frontières. Les femmes sont plus particulièrement touchées: elles représentent plus de 60% des malades sur le continent. Des études ont montré que les taux d’infection par le VIH chez les jeunes femmes peuvent être 3 à 5 fois plus élevés que chez les hommes du même âge. Plus tragique encore, les enfants restent les plus affectés par le virus. Aujourd’hui, le VIH demeure la première cause de mortalité chez les personnes âgées de 10 à 19 ans en Afrique d’après le directeur exécutif de l’Unicef, Anthony Lake.

Au Burkina Faso, la prévalence nationale est estimée à 0,9% en 2015. Il ressort également du bilan de 2015 que cinq localités de notre pays, en l’occurrence, Gaoua (2,6%), Koudougou (2,5%), Bobo-Dioulasso (2,2%), Ouagadougou (2%) et Ouahigouya (1,2%) ont des prévalences supérieures à la moyenne nationale. «Au cours de l’année 2015, 3 033 cas de Sida et 190 717 cas d’IST ont été identifiés. En matière d’accès aux ARV, 52 248 personnes vivant avec le VIH Sida sur 77 648, bénéficient du traitement antirétroviral, soit un taux de 67%», selon le secrétaire permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les IST, docteur Didier Romuald Bakouan.

Mais il faut noter que l’impact du sida ne se mesure pas qu’en nombre de malades. Les conséquences économiques et sociales sont également majeures. S’il est très difficile de chiffrer les répercussions d’une maladie, on dispose d’indicateurs qui soulignent les difficultés posées par une épidémie. Frais de santé publique, incapacité de travail, menace de la sécurité alimentaire…

Pour venir en aide aux personnes les plus défavorisées, il est crucial de contribuer à la prise en charge des malades. Mais le problème est que la mobilisation financière s’est essoufflée ces dernières années: selon un bilan de l’Onu/sida, publié en juillet, les dépenses des gouvernements donateurs « ont diminué de plus d’un milliard de dollars ». Une diminution de 13 % par rapport aux années antérieures.

Il faut néanmoins se féliciter des progrès accomplis avec moins de moyens. Près de 17 millions de personnes ont été traitées en 2015, soit le double de 2010. De plus, les nouvelles infections au VIH ont chuté de 38% depuis 2000 et les décès liés au sida ont chuté de 35% depuis le pic de 2005. Ces avancées ont été rendues possibles par un changement de mentalité. Le sida est de moins en moins considéré comme un tabou qu’il faut honteusement dissimuler. Tout doit être fait pour faciliter la prévention. Dans ce sens, il est urgent de redoubler d’efforts en matière de prévention et d’accès aux traitements antirétroviraux (ARV) des jeunes et adolescents, notamment les filles,  si les nations africaines ne veulent pas compromettre leur avenir. Les jeunes constituent en effet le fer de lance pour le développement de nos pays.

Pour réussir ce défi majeur, une alliance sacrée mondiale est indispensable. Elle devra coaliser les efforts des gouvernements, partenaires techniques et financiers et de la société civile. Le monde entier et surtout l’Afrique à intérêt à unir ses efforts pour gagner le combat contre le Sida si l’on considère que l’un des Objectifs de développement durable (ODD) est de mettre un terme à cette épidémie d’ici à 2030.

Théophile MONE

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