Accueil » Monde » Gambie ou la révolution douce

Gambie ou la révolution douce

Après 22 années au pouvoir, le président gambien Yahya Jammeh a été battu- il a reconnu sa défaite- par l’opposant Adama Barrow, qui va lui succéder. Les résultats officiels ont été publiés en début d’après-midi de ce vendredi 2 décembre. Adama Barrow a obtenu 45,5% des voix, contre 36,6% pour le sortant et 17,8% pour le 3e candidat, Mama Kandeh. Pour avoir prévenu qu’il ne tolérerait aucune contestation des résultats dans la rue, mais exclusivement devant les tribunaux, le président sortant n’avait pas le choix que de respecter le choix du peuple souverain. Tant mieux pour la démocratie. Ces résultats sont aussi à l’honneur de l’autocrate à qui l’on prêtait, peut-être à tort, l’intention de n’accepter aucune autre issue, tant il a dirigé son pays d’une main de fer.

Le président sortant Il a eu le mérité de reconnaître sa défaite et d'éviter ainsi un bain de sang
Le président sortant Yahya Jammeh. Il a eu le mérite de reconnaître sa défaite et d’éviter ainsi un bain de sang dans son pays
La victoire de Adama Barrow est une grande surprise pour le monde mais une victoire méritée du peuple gambien
La victoire de Adama Barrow est une grande surprise pour le monde mais une victoire méritée du peuple gambien

Bravo au peuple gambien qui a compris qu’il n’y a pas meilleur moyen légitime et légal que de voter, voter et voter encore ceux qu’il veut comme dirigeants. Après le peuple burkinabè qui a chassé le président Compaoré par un soulèvement populaire, voilà une autre leçon de démocratie qu’un pays africain vient de donner au monde. La révolution, oui, mais par les urnes.

Ce 2 décembre, restera un jour historique pour le peuple gambien. Car sa victoire est un tournant politique majeur. Il aura démontré sa grande maturité en imposant l’alternance politique grâce aux urnes.

Comme Blaise Compaoré, Yahya Jammeh endormait son peuple avec l’argument de la sécurité et de la paix dont il serait l’artisan. Mais un peuple qui a faim n’est pas non plus en paix. La pauvreté, la faim, la mal gouvernance et la corruption ont dû peser dans le choix des populations.

Des supporters de l'opposant gambien fêtant la victoire de leur candidat
Des supporters de l’opposant gambien fêtant la victoire de leur candidat

Les Gambiens ont démontré à la face du monde qu’en démocratie, le peuple est souverain, non une poignée d’hommes ou un seul individu qui ne tient d’ailleurs sa légitimité que par le bon vouloir du peuple.

Cette surprise gambienne montre que la révolution par les urnes est possible et qu’elle est en marche en Afrique. Puisse-t-elle contaminer les pays où la démocratie est en cage. Il y a de l’espoir.

Théophile MONE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *