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20e anniversaire des cultures génétiquement modifiées: l’ISAAA a officiellement lancé le rapport annuel 2015

Le service international pour l’Acquisition des applications de la biotechnologie agricole (ISAAA), à travers sa directrice, Dr Margaret Karembu, a procédé au lancement officiel du rapport sur la situation mondiale de la production des cultures génétiquement modifiées (GM) en 2015, ce mercredi 20 avril 2016, à Splendid hôtel à Ouagadougou. Ce lancement qui rentre dans le cadre de la célébration des 20 ans de succès dans la culture des plantes GM dans le monde, a été jumelé à un atelier d’informations avec les semenciers.

La remise du rapport sur la commercialisation des culture GM en 2015 au député Henri Koubizara
La remise du rapport sur la commercialisation des culture GM en 2015 au député Henri Koubizara

Selon le rapport sur la commercialisation des cultures GM, ces cultures ont permis aux producteurs de réaliser plus de 50 milliards de dollars au cours de ces dernières années au niveau mondial. Pour l’Afrique, l’année 2015 a été la 18e année de commercialisation réussite de ces cultures. Sa superficie cumulée de 1998 à 2015 était de 3,5 millions d’hectares. Trois pays africains sont impliqués dans la commercialisation des cultures biotechnologiques. Il s’agit du Burkina Faso avec 350 000 hectares (ha), de l’Afrique du Sud (2,3 millions hectares) et du soudan (120 ha). La production de ces cultures a engendré un bénéfice économique estimé à environ 2 milliards de dollars américain pour les producteurs africains. Au niveau du Burkina, les agriculteurs ont réalisé des gains de 41 millions de dollars en 2014, grâce à la technologie Bt.

Dans le paysage réglementaire de biosécurité, il y a eu d’importantes avancées. On compte 19 pays africains, dont le Burkina Faso, qui ont développé leur législation sur la biosécurité, alors que, seule l’Afrique du Sud avait une loi sur la biosécurité en 1998. Des recherches sont également en cours sur les cultures de sécurité alimentaire clés telles que la banane, le manioc, le niébé, le sorgho, la patate douce, le maïs, la pomme de terre et le riz. En conséquence, l’Afrique pourrait contribuer avec cinq nouvelles cultures biotechnologiques au grenier mondial, dans les années à venir.

Des participants à l'atelier d'informations
Des participants à l’atelier d’informations

Selon, Dr Karembu, directrice de l’ISAAA, qui a remis officiellement le rapport au député burkinabè Henri Koubizara, représentant les parlementaires, lors de l’atelier d’informations, il y a eu une croissance exponentielle dans les cultures GM. Pour elle, les Africains doivent davantage s’engagé dans la culture du GM, à l’instar des pays comme la Chine et l’Inde où, outre le maïs, le coton GM a donné un avantage énorme pour les agriculteurs. En effet, selon le rapport, la Chine a planté 96% de coton GM au cours de l’année 2014 et en 2015, avec 1,3 milliards de dollars comme bénéfices de l’année 2014 uniquement. L’Inde a, quant à elle, planté 95% en 2015 sur 11, 5 milliards d’hectares.

Jonas Yogo
Jonas Yogo, président de l’Association nationale des entreprises semencières du Burkina

Dr Karembu a souligné qu’il est important que les gens comprennent qu’il y a un mouvement qui est contre le développement de l’Afrique, des gens qui ne veulent pas qu’elle «profite des innovations agricoles qui vont la rendre plus prospère et lutter contre la faim». Ceux-ci ne connaissent pas la faim, c’est pourquoi ils déconseillent les OGM». Brigitte Bitta, de l’ISAAA a ajouté que «les chercheurs ont trouvé qu’il y a un potentiel dans les OGM pour produire plus sans trop dépenser et il faut avoir confiance en cela. Les OGM font partie des outils à mettre dans la main des producteurs».

Cependant, pour la réussite des cultures GM, les semenciers se révèlent comme les acteurs clés, d’où l’atelier d’informations sur les biotechnologies agricoles et la biosécurité organisé à leur endroit. Selon Jonas Yogo, président de l’Association nationale des entreprises semencières du Burkina, les entreprises semencières ont un rôle important a joué dans la production agricole, il était nécessaire qu’elles soient informées. Il a justifié cela, par le fait que «dans l’agriculture tout commence par la semence» et ce sont elles qui en procurent aux agriculteurs. Ainsi, les entreprises semencières sont «le tampon entre la recherche et les producteurs de consommation pour pendre les technologies auprès de la recherche scientifique, les multiplier, puis les mettre à la disposition des producteurs».

La photo de famille
La photo de famille

Le député Koubizara, à propos de ces cultures, a affirmé qu’il faut permettre à la recherche de faire son travail pour apporter des solutions en vue d’assurer la sécurité alimentaire. Car, «le problème de la culture dans notre pays, c’est la rentabilité. Si 90% des populations font de l’agriculture et n’arrivent pas à nourrir l’ensemble du pays, cela doit être une préoccupation». Pour lui, «la solution se trouve dans les technologies mais celles-ci doivent être envisagées en veillant sur la sécurité des populations, la protection de l’environnement». Il a exhorté les organisateurs à élargir les sensibilisations sur les biotechnologies et la biosécurité au niveau public.

Lydie Poda

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