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Les Burkinabè savent-ils ce qu’ils veulent?

Le Burkinabè est un éternel insatisfait. Il se plaint, même lorsque tout va bien. Cette situation s’est exacerbée après le départ de Blaise Compaoré. Mais de plus en plus, outre l’exagération dans les plaintes et les jérémiades, une nouvelle race de donneurs de leçons a vu le jour. Sur les réseaux sociaux, on injurie, on diffame et on s’en fout.

Ces Burkinabè donnent l’impression qu’ils n’aiment pas la paix, la tranquillité et la stabilité du pays. Ils parlent au nom du peuple. Ils marmonnent: «La situation économique n’est pas bonne. Le peuple souffre depuis l’arrivée de Roch». Au nom de quel peuple parlent-ils? Quel peuple les a mandatés pour parler en son nom?

Ici au Faso, les politiques sont doués
Burkinabè versatiles et nostalgiques

Les Burkinabè ont subi les 27 ans de Blaise Compaoré. 27 ans au cours desquels seuls quelques privilégiés se sont distribué les richesses du pays laissant un pays dans le chaos.

Le chômage touche une très grande majorité de jeunes. Pour 12 000 postes à pourvoir à la Fonction publique, un million de candidatures sont enregistrées.

Blaise a fabriqué une jeunesse désabusée et sans avenir. Certains se sont révoltés contre la société toute entière en devenant de véritables délinquants.

Sous Blaise, le patrimoine foncier a été bradé. La spéculation foncière était telle que l’accès à un logement décent relevait du parcours du combattant. Des maires ont même parcellé des cimetières pour faire fortune.

Oui, ces actes ont été posés par des personnes qui ont pourtant bénéficié à leur jeunesse de logements sociaux comme les cités AN 1, 2, 3, ou encore les 1.000 logements. Sans ces mesures favorables, elles ne pouvaient pas scolariser leurs propres enfants.

Le cumul des injustices a été un des éléments déclencheurs de l’insurrection populaire. Pourtant, à peine chassé du pouvoir, on trouve des gens nostalgiques de Blaise et de son passé suicidaire.

Des personnes responsables de mauvaises gestions financières et des lotissements ont été emprisonnées. Des voix s’élèvent pour exiger leur libération. Le plus incompréhensible c’est lorsque les députés ont produit leur rapport d’enquête indexant des mauvaises pratiques et exigeant le retrait des parcelles illégalement acquises. Des Burkinabè ont crié à une vengeance du président de l’Assemblée nationale Salif Diallo oubliant les actes posés par les contrevenants. Quel sort doit-on réserver à une personne qui, à elle seule, s’attribue plus de 500 parcelles? Ses actes sont-ils répréhensibles ou pas?

Lorsque les cadres du CDP ont été frappés de l’interdiction de participer aux élections de 2015, des voix se sont élevées pour crier à l’injustice. Laisser ces gens se porter candidat revenait à dire que l’insurrection n’a pas eu lieu ou n’avait pas de sens. Les Burkinabè pouvaient-ils sortir massivement les 30 et 31 octobre 2014 pour chasser des mauvais gouvernants accusés de mal gouvernance puis leur permettre de se porter candidat moins d’un an après?

Le minimum était que ceux-ci aient la modestie de se faire oublier pendant un certain temps avant de chercher à revenir aux affaires.

Après le coup d’Etat manqué de septembre 2015, des personnes se sont retrouvées en prison. Voilà que des campagnes de dénigrement sont organisées par des individus pour exiger la libération de ceux qu’on appelle «prisonniers politiques». Veulent-ils nous faire croire que les 15 personnes tuées se sont-elles elles-mêmes donné la mort?

Lorsque le gouvernement préparait la conférence sur le financement du PNDES à Paris, des Burkinabé ont tenté de convaincre des partenaires de ne pas le financer. Des montages grossiers ont été faits pour dire que des institutions comme la Banque mondiale et le FMI s’opposaient au PNDES. Paris a été plus qu’un succès pour le Burkina. Un Burkinabé peut-il se réjouir de l’échec du PNDES qui est supposé financer des infrastructures et créer des richesses pour son pays?

D’autre part, il y a des Burkinabé qui pensent qu’ils sont nés pour gouverner les autres. Ils se prennent pour des irremplaçables et les indispensables. Dès qu’ils sont remplacés à un poste nominatif, ils prennent positions contre ceux qui les ont remplacés. D’autres dont l’incompétence est avérée font monter les enchères surtout à travers les réseaux sociaux dès qu’ils sentent leur remplacement proche.

Finalement, on se demande ce que veulent les Burkinabè à la fin!

Abouga Tagnan

Un commentaire

  1. vous êtes vraiment quelqu’un qui voit claire. Belle analyse

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