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22 pour 1 fauteuil

Françoise Toé, candidate du PDP-PS
Françoise Toé, candidate du PDP-PS

Après les investitures, place a été faite aux dépôts des candidatures pour être président du Faso au Conseil constitutionnel. En attendant le quitus des grands sages du Faso, ils sont 22 dont 3 femmes à vouloir prendre la place laissée par Blaise Compaoré. Une bonne cuvée qui démontre à loisir les thèses arrières-gardistes de tous ceux qui, en son temps, criaient à hue et à dia que le problème du Burkina est une question de ‘’matériaux humains’’, c’est-à-dire que le Faso manque cruellement d’hommes et de femmes capables de remplacer Blaise Compaoré. Cela a été même développé dans un Edito de notre confrère Sidwaya, au temps du ‘’très gouvernemental Sidwaya’’.

La candidate Saran Séré
La candidate Saran Séré

Pour justifier la modification de la Constitution, certains, en manque d’arguments, avançaient béatement: «Si on ne change pas l’article 37, dites qui peut remplacer Blaise?». La déification griotologique est née de la sorte et a fini par convaincre Blaise himself qu’il était «demi-dieu». La suite, en la connaît.
Aujourd’hui, malgré la revue à la hausse de la caution présidentielle à 25 briques, on a 22 postulants qui ont déboursé au total 550 millions! Question à 1 sou: va-t-on rembourser un candidat président s’il est recalé par les juges constitutionnels?
A l’allure où tombent les communiqués des sages, Mounafica a le pressentiment qu’il y aura peu de recalés. Tout simplement, pour des questions de forme, car chez les magistrats comme chez les journalistes, la forme c’est le fond, beaucoup de requérants ayant frappé à la mauvaise porte.
Ils ont emmené chez les juges constitutionnels ce qui devrait atterrir sur les bureaux du Tribunal administratif. Chose étonnante, le Conseil national des femmes du Burkina, qui a été une des premières organisations de la société civile à faire un recours en annulation de certaines listes de partis politiques irrespectueux du quota genre et qui a, en son sein, une avocate de renom, a vu son recours rejeté par le Conseil constitutionnel pour mauvaise adresse.

Joséphine Korotimi Maria Goreti Zon, l'une des prétendantes
Joséphine Korotimi Maria Goreti Zon, l’une des trois prétendantes à la candidature

Après 27 ans de règne sans partage blaisiste, les Burkinabè apprennent à se conformer aux dures lois de la démocratie pluraliste. Quelques jours avant, le Conseil constitutionnel se rappelait à notre bon souvenir juste le temps des dépôts de candidatures, l’officialisation des résultats et l’investiture du président. Après, malheureusement, personne ne s’est soucié des sages et eux non plus. Aujourd’hui, les sages sont aux devants de la scène, c’est une bonne chose, petit-à-petit l’oiseau fait son nid.

 

Le général Kouamé Lougué
Le général Kouamé Lougué

 

 

 
Lougué de retour?
Le général Kouamé Lougué, victime de fractures aux jambes dans la foulée des manifestations de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre et évacué en France, serait de retour ce 23 août.
Il avait été évacué sur instructions personnelles du chef de l’Etat d’alors, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida. L’on se rappelle que dans la nuit du mercredi 12 novembre 2014, le colonel Auguste Denise Barry lui avait rendu une visite à son domicile de la cité des officiers à Ouagadougou.

Visite du colonel au général
Visite du colonel au général

Barry était allé lui souhaiter un prompt rétablissement de la part du chef de l’Etat, avant son évacuation en France pour des soins appropriés.
Sur les circonstances qui ont provoqué les blessures du général Lougué, le mystère reste entier. On sait seulement qu’elles n’ont pas été provoquées par des tirs d’arme, comme avancé par la rumeur en son temps.
Mounafica souhaite une pleine forme à ‘’Lougué’’ comme on l’appelle affectueusement, et espère qu’il mettra un temps à profit pour écrire ses mémoires. Il doit en avoir beaucoup à raconter…
Mounafica, tout œil tout ouïe!

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