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Procès ministère public contre Ouédraogo Madi et 28 autres: le parquet militaire prend acte du verdict

Au cours d’une conférence de presse animée à Ouagadougou le lundi 23 janvier, le Commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire, Alioun Zanré, a indiqué que son parquet  «a pris acte de la décision» rendue le 18 janvier dernier dans le procès qui a appelé à la barre Ouédraogo Madi et 28 autres personnes pour répondre des faits d’association de malfaiteurs.

Le commissaire du gouvernement, Alioun Zanré
Le Commissaire du gouvernement, Alioun Zanré

Cette décision consacre l’acquittement de neuf des 29 accusés, la condamnation à six mois de prison ferme de deux d’entre eux, la condamnation à 10 ans de prison ferme de quinze d’entre eux. Cette décision consacre également la condamnation à 15 ans de prison ferme des sieurs Zallé Mahamadi (sergent), Ouédraogo Cheikh Alassane dit «Ladji» considéré comme le «marabout» de «la bande» et Madi Ouédraogo (caporal).

Les journalistes participant à la conférence de presse
Les journalistes participant à la conférence de presse

Ce dernier aurait été celui par qui les autres membres de la «bande» ont été identifiés et appréhendés. C’est du moins, ce qu’a révélé– à l’occasion de la conférence de presse du jour- le colonel de gendarmerie Ouédraogo Sam Djiguiba, celui-là même qui a dirigé l’enquête de police dans le cadre de l’élucidation judiciaire de cette affaire d’association de malfaiteurs et détention illégale d’armes.

Considéré comme le meneur de la «bande», Madi Ouédraogo était très attendu à la barre. Et le voilà qui fait des révélations fracassantes devant la Cour. Selon lui en effet, l’ancien Premier ministre Isaac Zida a, pour l’accomplissement d’un coup d’Etat qu’il aurait voulu perpétrer, proposé à chaque élément d’un groupe de quinze militaires- dont lui Ouédraogo Madi-tous de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la somme de 60 millions de francs CFA plus une villa. Et la contrepartie, «assassiner» trois personnalités, en l’occurrence l’actuel président de l’Assemblée nationale Salifou Diallo, les généraux Djibrill Bassolé et Gilbert Diendéré. Si ce coup de force s’est étouffé dans l’œuf, c’est, à l’en croire, grâce à lui Madi Ouédraogo. Ce qui lui aurait valu de se retrouver ainsi, devant le tribunal militaire pour répondre d’actes d’atteinte à des objectifs militaires.

Aussitôt après ces révélations, les avocats de la défense ont exigé la présence à l’audience, de ces personnalités. Mais cette exigence n’a pas prospéré.

Réagissant à ces révélations à l’occasion de la conférence de ce lundi 23 janvier, le Commissaire du gouvernement a laissé entendre qu’il s’agit de «dénonciations» qui, «tout au plus (…) peuvent faire l’objet d’une nouvelle procédure au sens de l’article 53 du Code de justice militaire s’il existe des preuves suffisantes».

En attendant, le chef du parquet militaire, Alioun Zanré, affiche un air de satisfecit par rapport au verdict écrouant Madi Ouédraogo et ses compères. Du reste, dira-t-il, «Ce procès à notre sens s’est bien déroulé malgré quelques incidents de procédures inhérents au déroulement normal d’un procès criminel».

Paangui Parè

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