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Sommes-nous assez grands pour  »refuser le sein »?!

Nè-Wendé

Des Africains, de plus en plus, réclament à cor et à cri l’abandon du franc des Colonies françaises d’Afrique (CFA) pour créer une monnaie à l’échelle de la sous-région ou du Burkina. Le week-end écoulé, le débat a été transporté par le CAR d’Hervé Ouattara chez les étudiants de Ouaga 2. Il s’est même poursuivi sur les ondes de la grand-mère des radios de la sous-région, Radio Burkina. Comme la pièce de monnaie qui a deux faces, il y a deux camps: les pros et les antis. Normal! Nè Wendé!

Les arguments des pros est que cette ‘’colonisation monétaire’’ empêche notre développement et enrichit la France qui ‘’thésaurise’’ nos richesses. La conviction est faite que si la France lâche le FCFA ou si le FCFA lâche la France (c’est selon), celle-ci (la France) se retrouvera sans le sou, donc pauvre comme nous aujourd’hui. Et nous, nous deviendrons riches comme la France aujourd’hui. Nè Wendé!

Moi Nè Wendé, ancien des collèges et lycées de Haute-Volta, qui n’ai pas fait ESSEC pour savoir comment tout ça fonctionne, je ne vais pas mettre ma bouche dedans. Mais je vais seulement faire un constat de ‘’sans-culotte’’. Nè Wendé!

Il faut qu’on se dise que notre développement ne passera même pas par notre émancipation du franc CFA d’avec le franc français via l’euro. Il nous faut une nouvelle mentalité. Il nous faut des dirigeants d’un genre nouveau, pas des roitelets. Il nous faut travailler, puisque nous ne le faisons pas. Le développement, c’est par le travail. Nous ne travaillons pas du tout! Nè Wendé!

Celui qui va  »refuser le sein » aujourd’hui-là, il y a des tontons qui vont le remplacer… un pied levé! Nè Wendé!

Moi, je pense que la déconnexion était possible du temps de la RDP, la Révolution démocratique et populaire de Thomas Sankara. A cette époque, le Burkina était presque devenu autonome. Il ne comptait plus sur quelqu’un pour exister et fonctionner. Nous comptions sur nos propres forces d’abord. C’était dur, caillou même, mais nous étions presque parvenus au but. Nè Wendé!

Le Burkinabè était vraiment intègre. Il produisait burkinabè et consommait burkinabè. Il n’était pas cupide; il ne prenait pas ce qui ne lui appartient pas. Il n’enviait pas son voisin. Même pas sa femme. Puis patatras. On a écrabouillé le type. Nè Wendé!

Maintenant, c’est tout à fait le contraire du Burkinabè original. Nous avons de nos jours un Burkinabè adaptable. Fainéant! Voleur! Bordel! Alcoolique! Homme comme femme sont pareils. Pour le faire travailler, il faut encore le payer. Nè Wendé!

Dans ces conditions, si nous quittons le CFA, c’est la malmort programmée. Quel Burkinabè est capable de supporter un retard de salaire?! Quelle femme burkinabè diplômée peut accepter de travailler dans un restau ou un bistrot? Quel homme Burkinabè diplômé peut accepter de se coltiner avec du matériel de cirage pour cirer des pompes à… 25 FCFA? Qui est ce Burkinabè lettré qui va accepter de parcourir Ouaga pour vendre des balais ou du savon? Il va être difficile de supporter les dures réalités du divorce. Nè Wendé!

Mais bon, comme mêmes les bonnes choses ont une fin, la fin finira par arriver un jour. Quel que soit le prix à payer pour nous. Nè Wendé!

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