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Bobo-Dioulasso: «Da sago sou» ou la nuit de la parole libre pour conscientiser les masses populaires

Le Groupe de réflexion et d’actions pour le développement économique et social (GRADES) organise, en collaboration avec d’autres organisations de la société civile de la ville de Bobo-Dioulasso, la première édition de «Da Sago Sou» ou la nuit de la parole libre du 20 mai au 12 août 2017 à Sya. Objectif, donner la parole aux populations afin qu’elles s’expriment librement autour de leurs préoccupations. L’information a été rendue publique le jeudi 18 mai 2017 lors d’une conférence de presse animée à Bobo-Dioulasso à cet effet.

Les principaux animateurs de la conférence de la presse
Les principaux animateurs de la conférence de presse

«Les récentes luttes glorieuses menées par nos populations ont permis d’engranger des victoires sur les forces anti-démocratiques de notre pays. Elles nous ont aussi propulsés aux premiers rangs des pays engagés dans la défense des libertés individuelles et collectives des citoyens et du respect des droits des peuples», a d’emblée indiqué Yssouf Z. Niamba, coordonnateur du projet «Da Sago Sou».

Cependant, il regrette le fait que cette mobilisation euphorique de ces beaux jours ait laissé place à «une désillusion généralisée et à une baisse malheureuse» de l’implication des citoyens dans la gestion des affaires publiques. «Ce qui était jusqu’ici dénommée la révolte Burkinabé est en train de passer sous nos yeux pour une simple révolte passagère avec pour conséquence directe, le retour des mauvaises manières de faire de la classe politique d’où sont nées les luttes du passé», constate-t-il.

Pour lui, cette situation s’expliquerait par un manque «criard» d’espace d’expression populaire. C’est pour donc combler le besoin de cadres d’expression populaire, de formation politique et idéologique des populations de la ville de Bobo-Dioulasso sur la connaissance de leurs droits et devoirs que cette activité a été initiée par le GRADES.

L’objectif, c’est de sensibiliser, informer et conscientiser les populations sur les droits et devoirs. Il s’agira concrètement de forums nocturnes repartis dans cinq (05) espaces populaires différents de la ville de Bobo-Dioulasso et ce, durant trois (03) mois. Ces tribunes selon les conférenciers, donneront la parole aux populations pour échanger autour de leurs problèmes et développer ensemble des alternatives. «Toutes ces soirées seront riches d’un mélange de prises de parole critique citoyenne et de prestations d’artistes de nombreux artistes engagés», a indiqué Yssouf Z. Niamba qui du reste, a signifié que les discussions seront essentiellement orientées vers la responsabilité des citoyens.

Yssouf Z. Niamba, coordonnateur du projet «Da Sago Sou»: «Nous voulons œuvrer à l’émergence d’une société consciente de ses droits et devoirs»
Yssouf Z. Niamba, coordonnateur du projet «Da Sago Sou»: «Nous voulons œuvrer à l’émergence d’une société consciente de ses droits et devoirs»

Par cette initiative, le GRADES et ses partenaires entendent contribuer à l’éveil d’une conscience des masses populaires à travers la promotion des droits des individus et des peuples ainsi que de la liberté d’expression et de penser. «Quand les hommes sont informés, ils deviennent des citoyens mais mal informés, ils ne sont que de simples sujets», a paraphrasé M. Niamba avant de signifier qu’à terme, l’idée c’est de parvenir à la création d’une masse critique locale éclairée sur la connaissance des droits du citoyen, à la consolidation de la redevabilité des décideurs publics et à la prise en compte par eux, des besoins réels des populations. «Da Sago Sou» se veut donc être un cadre de conscientisation des masses populaires qui non seulement «les responsabilise mais aussi les rend capables de se libérer du poids de l’ignorance».

Le souhait des initiateurs de l’activité, c’est la présence des autorités locales sur les lieux d’échanges pour noter d’elles-mêmes les préoccupations réelles de leurs concitoyens. A défaut, ils se chargeront de les collecter pour les leur acheminer. «Notre vision, c’est de faire de Bobo-Dioulasso le symbole de la lutte des libertés des peuples», a-t-il conclut.

Cheick Omar Traoré

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