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A deux doigts de dire que Gorba en sait des choses sur l’assassinat de Thomas Sankara!

Au détour d’une interview chez notre confrère L’évènement, Salif Diallo a créer une fois de plus le buzz en affirmant qu’il était à deux doigts d’être tué avec le père de la révolution burkinabè, le capitaine Thomas Sankara. Les Burkinabè, qui commencent à avoir de plus en plus de l’humour, ont repris l’expression «être à deux doigts…»

Salif Diallo
Salif Diallo

Avant ça, Salif Diallo avait créé aussi l’expression «on s’en fout, point barre». Mais dans cette affaire Thomas Sankara, la déclaration de Salif Diallo Gorba est une mine immense d’informations et de renseignement sur le déroulé de l’assassinat du capitaine Thom Sank et ses 12 camarades.

On peut lui concéder le fait d’avoir eu la vie sauve, parce qu’il ne s’est pas déplacé pour aller remettre le document de Blaise Compaoré à Sankara qui était dans la salle de réunion avec son cabinet. Oui, il était «à deux doigts…» car s’il était avec le groupe Sankara à l’heure fatidique, c’était ainsi soit-il.

Le cabinet de Thom Sank était infiltré par des pro-Blaise, des militants de l’UCB, créée pour contrer la montée du PAI-LIPAD. Et parmi les morts sous les balles assassines du commando, il y a eu au moins un pro-Blaise qui a payé le prix du sang ou de la trahison, c’est selon. Si Salif Diallo était allé au Conseil, on parlerait aujourd’hui de lui à l’imparfait.

Alors, pourquoi n’a-t-il pas transmis le document au Conseil de l’Entente? Quelqu’un lui aurait-il soufflé le secret de l’assassinat? Ou bien des échanges avec Blaise Compaoré dans sa villa, il a entendu des choses? Surtout qu’à cette époque, il n’y avait pas internet, pas de téléphone cellulaire; c’était le temps du téléphone fixe où des fois il fallait passer par le standard? Salif Diallo a-t-il entendu des conversations entre Blaise Compaoré et des complices ici au Faso et hors du Faso?

Voici des éléments qui obligent le juge d’instruction (s’il ne l’a pas encore fait) à interroger Salif Diallo, car aujourd’hui on peut le dire, il est à deux doigts de révéler le scénario macabre du 15 octobre 1987…

Cet homme doit parler pour faire éclater la lumière de la vérité sur l’assassinat du capitaine Thomas Sankara. Peut-être qu’avec son aide, on peut savoir où exactement il a été enterré, puisqu’il a avoué avoir été pas loin du théâtre des opérations le 15 octobre.

Des déclarations à chaud de Blaise Compaoré après l’assassinat, on voit clairement que la tête de Sankara était mise à prix sinon, selon les mots de Blaise Compaoré, le capitaine Sankara ne contrôlait plus rien, ni les groupuscules communisants encore moins l’armée. Il était désespérément esseulé. Malgré tout, on l’a tué. Et pourquoi? Pour, dit-on, rectifier la révolution qui avait pris une allure droitière, il fallait durcir la ligne rouge. Or tout ça, archi-faux, comme a dit Roger Tondé dans «Robert, brave Robert».

Cela remet au goût du jour un témoin, Etienne Traoré, tout aussi important, qui a avoué en son temps «nous étions dans le même lit que Blaise Compaoré, mais nous n’avions pas le même rêve…»

Effectivement, Blaise Compaoré a su monter les groupuscules socialo-communistes contre Sankara en leur faisant croire que la Révolution avait dévié de sa trajectoire. Ils y ont cru et le résultat, on le connaît. Les plus chanceux des premiers soutiens de l’assassinat de Thomas Sankara ont été éjectés du pouvoir et les moins veinards, Clément Oumarou Ouédraogo, Watamou Lamien sont aujourd’hui six pieds sous terre.

Comme Blaise Compaoré est devenu Ivoirien et donc ne sera pas extradé, on peut se baser sur Golf, Gorba et Etienne Traoré pour avoir la quintessence de l’assassinat de Thomas Sankara.

O. H.

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