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Parcours et combat du député Phillipe Zinda Kaboré

Né à Imasgho vers 1919 ou 1920, fils de Naba Piga de Komkistenga, Zinda Kaboré fut confié à Antoine Augustin Dim dolebsom (l’un des premiers intellectuels de ce pays) à l’âge de cinq ans. En 1926, il fréquente l’école primaire publique de Ouaga, et celle de Koudougou à partir de 1928.

PhilippeZinda Kaboré: 1920 - 1947
PhilippeZinda Kaboré: 1920 – 1947

D’un esprit contestataire et d’une intelligence inouïe, Zinda Kaboré, de l’aveu du regretté Maurice Yaméogo, se voulait un avocat défenseur de ses camarades et excellait dans la dialectique socratique.

En 1934 il est à l’école primaire supérieure de Bingerville et à William Ponty en 1937 où il termine major de sa promotion. Il s’intéresse à la chimie et boucle les études de pharmacie à Dakar en 1942 d’où il sort comme d’habitude major de sa promotion.

Indésirable dans son pays, il est affecté au Dahomey mais devant son refus obstiné, il finit par être affecté à Bobo, vivier politique de l’époque.

Il faut dire qu’entre temps en 1940 les colons ont obligé son père à démissionner pour cause de sympathie toujours vivace pour le défunt résistant, le mogho Naba Wobgo.

Celui qui n’hésiterait pas à taper du poing fut élu le 2 novembre 1946 comme député à la première législative de la 4ème république avec Félix Houphoët Boigny et Ouézzin Coulibaly.

La mission de philippe Zinda était précise: faire renaître une Haute-Volta autonome. Il s’y est d’ailleurs investit énormément.

Il fait siennes les revendications du Mogho Naba Saaga: la reconstitution de la Haute-Volta à ses limites de 1932, l’achèvement du chemin de fer jusqu’au «mossi» (Ouagadougou etc.). En avril 1947, il rencontre le ministre français d’Outre-mer à cet effet.

Membre fondateur du RDA (Rassemblement démocratique africain) à Bamako en 1946, cet ancien militant du groupe d’études communistes pendant ses études à Dakar, que fut Zinda Kaboré, ne ménagera aucun effort pour ramener la Haute-Volta dans ses limites de 1932 malgré les remous que cette reconstitution a créés au sein de son propre parti le RDA.

A la fleur de l’âge (il n’avait que trente ans), il meurt subitement à Abidjan le 25 mai 1947 en partance pour Paris. Crise cardiaque pour les uns, mort mystérieuse pour les autres, les avis sont partagés.

Seulement quelques mois après sa mort, l’Assemblée nationale adoptait une loi rétablissant le territoire de la Haute-Volta. C’était le 04 septembre 1947.

Résumé des recherches de Georges Madièga, historien

Théophile MONE

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