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Ce que Gorba a dit à Guillaume Soro

L’image de la rencontre entre Salif Diallo, le président de l’Assemblée nationale du Burkina, et son homologue ivoirien, Guillaume Soro, a animé et animera encore pendant des jours les débats au Faso et même en Côte d’Ivoire. Pourquoi Gorba a osé accorder une audience à Guillaume Soro, le banni, celui qui, selon des écoutes téléphoniques, ne voulait pas du bien pour le Burkina dans ses intentions de soutenir le coup d’Etat. Son interlocuteur au téléphone, le général Djibrill Bassolé, paye toujours le prix dans les geôles de la MACA, la Maison d’arrêt et de correction des armées.

Rencontre Salif Diallo et Guillaume Soro au Luxembourg
Rencontre Salif Diallo et Guillaume Soro au Luxembourg

Soro a été certes sauvé par les intérêts de la politique politicienne prosaïquement appelés diplomatie politique, mais il reste pour beaucoup de Burkinabè un suspect sérieux, une persona non grata… Il ne mérite donc pas une rencontre avec le président du parti au pouvoir. Ce sont des sentiments qui tiennent la route, mais moi Mounafica j’ai voulu savoir en fait ce que les deux personnalités ont pu bien se dire dans le secret de la chambre d’hôtel de Salif Diallo.

Ce n’était pas facile, Soro étant comme chat échaudé, donc craint l’eau froide, il avait pris le soin de vérifier s’il n’y avait pas des micros cachés pour capter leurs échanges. Heureusement, il y a toujours des moyens de tromper la vigilance, même celle d’un sioux. C’est cela qui a permis de capter des bribes de ce que Gorba et Soro se sont dit…

A la sortie, il fallait que Soro assume la responsabilité de la demande d’audience. Il l’a fait.

Salif Diallo n’a pas manqué l’occasion de dire ses vérités à Soro concernant son implication supposée aux côtés des putschistes et surtout sa volonté de voir lui et Chériff Sy passer de vie à trépas comme… IB. Il lui a dit qu’il aurait pu faire comme son petit frère, Chériff Sy, qui avait tout fait au cours d’une rencontre internationale des présidents d’assemblées nationales pour ne pas avoir à serrer ses mains ou comme Baise Compaoré qui avait eu la mission de la jeunesse burkinabè de ne pas saluer Laurent Gbagbo en se rendant à Marcoussis …

Un ange passa dans la salle. Soro était pris de court, et il a balbutié des explications intraduisibles. C’est alors qu’il a introduit l’objet de sa visite.

En fait, il se sent de plus en plus isolé et donc cherche des bouées de sauvetage. Or, il se trouve qu’en son temps, son mentor pour mener la rébellion était Salif Diallo. Il tient donc à renouer les liens pour bénéficier de la science politique de Gorba en matière de dénouement des situations difficiles.

Soro a aussi posé le problème de Hamed Bakayoko qui est, visiblement aujourd’hui, très proche de Salif Diallo. Or, il se trouve qu’entre Soro et Hambak, le courant est comme celui de la Sonabel, c’est-à-dire intermittent.

Alors que, pour succéder à ADO (ce qui est l’ambition de Soro), il faut minimiser les coups à l’interne, nouer des accords pour barrer la route du PDCI.

Soro a donc besoin d’aides et celle de Gorba est fondamentale pour lui car la bataille s’annonce rude et âpre; il lui faut le soutien des frères de case.

Mounafica, tout œil tout ouïe!

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