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Journée mondiale de la population: des Burkinabè croient toujours qu’avoir beaucoup d’enfants est un signe de virilité et une assurance vieillesse

Le 11 juillet de chaque année, le Burkina commémore à l’instar des autres pays du monde, la Journée mondiale de la population. Cette année, le Pays des Hommes intègres a décidé de célébrer cette journée en différé. Le lundi 14 juillet, au cours d’une cérémonie, le ministre de l’Economie et des Finances a présidée le lancement des activités de cette journée en présence des co-parrains que sont les ministres de la Santé et de la Femme et de la marraine, l’épouse du président de l’Assemblée nationale.

Le présidium lors de la Journée commémorative
Le présidium lors de la Journée mondiale de la population au CBC

La planification familiale occupe une place importante dans le développement socio-culturel et économique d’un pays. En plus de réduire le nombre de décès maternel et celui des enfants, elle contribue également à la réduction de la pauvreté. C’est fort de ce constat que le Burkina a décidé de célébrer la Journée mondiale de la population sous le thème «Planification familiale: autonomisation des populations et développement des nations».

La représentante résidente de l'Unfpa
La représentante résidente de l’Unfpa

Cette thématique se veut une invite à tout un chacun, selon le directeur général de l’économie et de la planification, Souabou Diallo, à promouvoir la planification familiale comme un droit. Néanmoins, même si elle a montré son rôle dans la maîtrise de la croissance démographique, M. Diallo a reconnu la difficulté pour le Burkina d’accéder à l’accès universel aux méthodes de contraception.

La preuve, renseigne le ministre de l’Economie, Rosine Coulibaly, en 2015, moins d’une femme sur quatre (22,5%) en union utilise une méthode de contraception moderne et environ une femme en union sur cinq (19,4%) soit 626 391 femmes ont un besoin non satisfait. L’accessibilité géographique et financière aux méthodes contraceptives, le poids des pesanteurs socioculturelles et la faible accessibilité des populations aux services et méthodes de planification familiale sont entre autres les raisons qui pourraient expliquer cet état de fait.

L’enfant considéré comme un signe de virilité

En milieu rural, a regretté le ministre de l’Economie, le nombre d’enfants est toujours considéré par certains comme un signe de virilité et une assurance vieillesse. «Faire beaucoup d’enfant n’a rien de remarquable ni d’admiration en soi, ce qui l’est c’est de répondre à leurs besoins les plus légitimes et de les éduquer correctement», a fait remarquer Rosine Coulibaly.

Les participants à la cérémonie
Les participants à la cérémonie

Une idée totalement partagée par le docteur Adekambi Edwige, représentante résidente de l’UNFPA au Burkina Faso. «Ce n’est pas acceptable qu’on considère l’enfant comme un don de Dieu et qu’on laisse ce don de Dieu dans la rue, à la merci des vicissitudes de la vie», a-t-elle soutenu. En tant que parents responsables, Mme Adekambi pense que «nous devons intégrer la planification familiale comme un moteur qui nous permet d’assumer notre responsabilité parentale et d’accompagner le gouvernement dans l’offre des services appropriés».

Reconnaissant qu’il y a beaucoup de polémiques autour du nombre d’enfants qu’il faut avoir, la représentante résidente a estimé que des réflexions appropriées doivent être menées pour faire en sorte que quelque soit le statut de ses parents, l’enfant burkinabè soit un enfant qui naît pour être le moteur du développement du pays.

Tant que le Burkina n’arrivera pas à maîtriser l’aspect croissance démographique, foi de Souabou Diallo, «nous n’allons pas avoir l’impact visible en terme de développement, quels que soient nos efforts en matière de croissance économique».

C’est dans ce sens que le Burkina s’est engagé à en croire le ministre de l’Economie, à promouvoir la santé de la reproduction avec une priorité accordée à la planification familiale. A ce sujet, elle a informé que des programmes et plans d’actions ont été mis en œuvre en la matière, dont entre autres l’adoption d’un plan d’action de la planification familiale depuis 1984, le programme de sécurisation des produits contraceptifs…

Par ailleurs, dans le cadre de cette commémoration, plusieurs activités sont prévues au niveau central et déconcentré. Il s’agit d’une collecte de sang, d’une conférence publique sur le thème le 25 à l’institut supérieur des sciences de la population à l’Université, d’un cross des femmes du département ministériel pour la planification familiale le 27. Un match de gala est prévu le samedi 29 juillet sur le terrain de l’Enam, ainsi que des activités de sensibilisation.

Madina Belemviré

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