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3 janvier 1966: encore source d’inspiration pour le monde syndical

Dans le cadre de la commémoration du 51è anniversaire du soulèvement populaire du 3 janvier 1966, l’Unité d’action syndicale (UAS) a animé une conférence publique ce 3 janvier 2017 sur le thème «Les leçons du soulèvement populaire et historique du 3 janvier 1966 pour la défense des acquis de l’insurrection et de la résistance héroïque au putsch». Occasion pour les militants du monde syndical de se ressourcer en vue de mieux affronter les défis futurs.

Kuiliga Dominique Yaméogo
Kuiliga Dominique Yaméogo

Après avoir conquis, défendu et protégé la commémoration du 3 janvier 1966 au rang des fêtes légales, le mouvement syndical a toujours mobilisé ses militants à chaque date anniversaire, autour de la réflexion et d’actions qui inspirent davantage l’engagement syndical. Ce 3 janvier 2017 aussi, ils ont rempli une salle à la Bourse du Travail qui a servi de cadre à une conférence publique qui a été animée par Kuiliga Dominique Yaméogo. Ce dernier a indiqué que «le 3 janvier 1966 traduit l’attachement» du peuple burkinabè «à la liberté de pensée, d’opinion, bref à la liberté politique». A l’en croire en effet, la revendication essentielle des manifestants sortis très nombreux en ce jour historique se résumait au «programme» brandi sous le slogan «Du pain, de l’eau et de la démocratie». Un «programme» qui, selon lui, s’il «avait été exécuté, le Burkina Faso ne serait pas là où il est aujourd’hui».

Si le 3 janvier 1966 a révélé le courage du monde syndical à affronter les forces de répression, elle a également mis à nu, les limites de ce monde face à la gestion du pouvoir d’Etat. Et la raison, c’est que face à un pouvoir vacant, il ne s’est résolu qu’à appeler l’armée au pouvoir, comme ce fut le cas le 31 octobre 2014 à l’occasion de l’insurrection populaire.

Une insurrection dont les acquis sont confrontés à «de sérieuses velléités de remise en cause». Cette remise en cause qui, précise-t-on du côté de l’UAS, se double de «mépris des organisations syndicales», et se triple de «tentatives de soulever les populations contre les syndicats». D’où, la meilleure commémoration du 51è anniversaire du soulèvement populaire du 3 janvier 1966 doit, selon elle (UAS), «consister à lutter pour que justice soit rendue aux martyrs (de l’insurrection et de la résistance au putsch) et à leurs familles; à lutter résolument contre l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques (…); à lutter contre la vie chère, pour la défense, l’approfondissement et la promotion des libertés démocratiques, politiques, syndicales et d’expression, pour une indépendance véritable du pays et pour son progrès économique et social».

Dans ce sens, Kuiliga Dominique Yaméogo estime pour sa part qu’il est temps de tirer toutes les leçons aussi bien du soulèvement populaire du 3 janvier 1966 que de l’insurrection populaire de fin octobre 2014 ainsi que de la résistance au putsch de septembre 2015, de sorte que dans l’élaboration de la nouvelle Constitution, «on puisse consacrer l’insurrection comme expression du peuple au cas où ses droits sont violés». Car, précise-t-il, «s’il y a des tyrans, le peuple n’a pas d’autres choix que d’utiliser l’insurrection pour s’en débarrasser».

Paangui Parè

 

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