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3ème forum annuel des entrepreneurs de la Fondation Tony Elumelu: l’africapitalisme en partage

Le portique de l’amphi de l’école de Droit qui a abrité le forum

Le 3ème forum annuel des entrepreneurs de la Fondation Tony Elumelu s’est tenu les 13 et 14 octobre 2017 à l’Ecole de droit de Lagos, au Nigeria. Plus de 1 300 entrepreneurs, chefs d’entreprise, décideurs politiques et journalistes africains de 54 pays y ont pris part.

Le premier jour du forum, le13 octobre, a été consacré à des panels avec des organismes de développement tels le Programme des Nations unies pour le développement, l’Agence française de développement, l’US AID. Il s’agissait de décliner les espoirs et de dessiner les rêves de la jeunesse africaine en vue de sortir le continent du sous-développement.

La thématique du premier panel a tourné autour d’un concept cher à Tony Elumelu: «l’Africapitalisme». Lui-même le définit comme «un modèle de développement qui donne la priorité à notre jeunesse et crée de l’espoir pour eux ; un modèle qui crée l’autonomie économique et l’espoir pour l’avenir».

C’est une philosophie économique selon laquelle le secteur privé africain a le pouvoir de transformer le continent à travers des investissements à long terme, créant à la fois la prospérité économique et la richesse sociale. C’est donc trouver les solutions africaines aux problèmes africains. Et ne pas attendre que les idées et les financements viennent d’ailleurs.

Une vue de l’enceinte de l’amphi

C’est pourquoi, donnant l’exemple, il a créé en 2010 la Fondation qui porte son nom et institué le Programme des entrepreneurs africains. Un programme qui a pour objectif de prouver que les Africains sont capables de transformer l’Afrique.

Le Programme des entrepreneurs de la Fondation Tony Elumelu va former, coacher et financer, en 10 ans, 10 000 jeunes entrepreneurs africains qui ont des projets. Ce sont des entrepreneurs identifiés comme ayant la capacité de développer leur affaire tout en générant de façon collective 1 000 000 de nouveaux emplois. Ce qui produira au moins 10 milliards $ de revenus pour l’économie africaine.

Le montant total de l’enveloppe dédiée aux jeunes entrepreneurs est de 100 millions de $ US. Chaque année, la Fondation fait une sélection de 1 000 projets parmi les candidatures qui lui sont soumises de par les 54 pays du continent. Chaque projet retenu bénéficie d’une bourse de 10 000 $.

Le siège social de UBA à Lagos

Pour cette année, 1 000 entrepreneurs ont été sélectionnés parmi 93 000 candidatures venant de 55 pays et territoires.

Le deuxième panel a eu pour thème «Changer le paradigme du développement de l’Afrique par l’investissement et l’entrepreneuriat». Des chefs d’entreprise, décideurs, représentants d’organismes internationaux ont animé cette séance.

Dans l’après-midi, les journalistes ont été transportés au siège social de la United Bank for Africa, la UBA. Ils ont eu des échanges avec les dirigeants de la banque sur son histoire, ses activités, ses projets. UBA est présente dans 19 pays d’Afrique, à Paris, Londres et New York.

Elle a à sa tête un directeur général, secondé par un directeur général des filiales anglophones et un autre des filiales francophone. Elle a également un directeur de la Banque digitale car, de nos jours, il n’est plus besoin de beaucoup de succursales, des solutions étant offertes pour permettre au client de gérer ses opérations à partir de son téléphone. Il y a les cartes et il y a également la banque par internet.

Tony Elumelu face aux journalistes

Ces échanges ont permis de voir que derrière les filiales nationales dans les pays, c’est une véritable puissance qui est basée à Lagos et qui travaille en synergie. Elle a comme vision: aider le développement de l’Afrique par des produits et des solutions adaptés. C’est pourquoi, dans tous les pays africains où elle existe, la UBA aide le secteur privé et les gouvernements à financer de grands projets.

Pour clore les échanges, c’est Tony Elumelu en personne, lePCA de UBA, qui est venu dire sa vision et son engagement pour le développement de l’Afrique. Un développement centré sur un secteur privé novateur, un développement axé sur l’ingéniosité et la créativité des entrepreneurs africains.

Un cocktail offert au 18ème étage du siège a mis fin à la première journée.

Au deuxième jour, l’événement a porté sur l’avenir et la nécessaire synergie entre le secteur privé et le secteur public autour d’un panel. Il s’est agi d’une interaction avec des décideurs et le secteur privé.

Les animateurs du panel (ph: TEF)

Le panel «Comment renforcer les politiques publiques pour accompagner le secteur privé?» a été introduit par Tony Elumelu. Il a appelé Lionel Zinsou, l’ancien Premier ministre béninois, pour la modération et comme panelistes le richissime homme d’affaires Aliko Dangote, les gouverneurs de Kaduna, de Katsina et de Zamfara. Mais avant, l’on a écouté un message du président du Sénégal, Macky Sall, qui félicite l’initiative de Tony Elumelu.

De gauche à droite, Zinsou, Dangote et Elumelu (ph: TEF)

Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, a raconté sa propre histoire pour lancer la discussion. Il a débuté dans l’import-export dans les années 78 mais aujourd’hui il est à la tête d’un véritable empire. «Soyez discrets mais pas invisibles, n’ayez pas peur de l’échec mais sachez rebondir», a-t-il conseillé aux jeunes entrepreneurs. Pour lui, le potentiel africain est très grand comme le domaine de l’agriculture. Il faut donc créer la richesse. Il a donné ses recommandations pour le futur de l’Afrique.

Il conseille aux jeunes africains de ne pas compter sur les gouvernements pour créer les emplois mais de compter sur les entrepreneurs. Le rôle des Etats devrait être d’asseoir les conditions d’un environnement favorable au secteur privé.

La signature des accords (ph: TEF)

Il a aussi noté la nécessité d’intégrer toute la chaîne de valeur dans les activités. Auparavant, son groupe importait le sucre du Brésil pour le raffiner. De nos jours, il a développé sa propre culture de la canne à sucre. Plus besoin donc de sortir de l’argent. Dangote fait en sorte que les filiales de son groupe soient interdépendantes. Le transport des marchandises produites est assuré par une filiale transport du groupe.

Le magnat a aussi la forte conviction que l’avenir de l’Afrique se trouve dans l’agriculture. En plus donc du sucre, il a des rizières, il produit des engrais, de l’énergie. Son ambition est de nourrir le Nigeria et l’Afrique de l’Ouest.

Rêver en grand et investir à long terme est aussi son créneau. Ayant fait fortune dans des secteurs autres que le pétrole, il voudrait aujourd’hui investir dans une raffinerie qui pourra alimenter les marchés de la sous-région. Il produit déjà du gaz.

Le vice-président du Nigeria (ph: TEF)

Pour lui, la clé du succès, c’est de ne jamais abandonner après un échec et de choisir le moment opportun pour investir.

Pendant que le panel se déroulait qu’est entré dans l’amphi le vice-président du Nigeria, Professeur Yemi Osibanjo, sous les applaudissements du public. Hymne national puis retour au panel.

Récompense des meilleures réussites (ph: TEF)

A la fin, il y a eu une remise de récompenses aux anciens bénéficiaires qui sont des exemples. Il y a eu également la signature d’un mémorandum d’accord avec l’AFD et le PNUD et un accord entre la Fondation Tony Elumelu et le PNUD. La journée et le 3ème Forum des entrepreneurs de la Fondation Tony Elumelu ont été clos par le vice-président du Nigéria, à travers une adresse. « La tyrannie de l’histoire », tel est le thème de son discours que nous vous proposerons demain.

Hidogo, de retour de Lagos

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