Accueil » Société » 8 mars 2019: les aides ménagères réfléchissent sur comment améliorer leurs conditions de vie

8 mars 2019: les aides ménagères réfléchissent sur comment améliorer leurs conditions de vie

Elles sont souvent victimes de violences physiques, sexuelles et morales. Elles ne sont pas toujours payées pour le travail qu’elles font au quotidien dans les familles qui les emploient. Leurs droits connus ou méconnus sont bafoués. Elles, ce sont les aides ménagères qui subissent toutes sortes de préjudices dans la recherche de leur pitance quotidienne. Réunies dans l’Association de défense des droits des aides ménagères et domestiques (ADDAD), elles ont décidé à l’occasion de la journée internationale de la femme, de réfléchir sur les difficultés qu’elles rencontrent et envisager des solutions pour améliorer leur condition de vie et de travail.

Le parrain, Lucien Silga

« J’apprécie cette initiative parce que même si ce sont des aides ménagères, ce sont des femmes comme toutes les autres et il va de soi qu’elles se réunissent à l’occasion de cette journée réservée à la femme, pour parler de leurs problèmes et voir comment elles peuvent trouver des solutions ensembles, parce qu’elles ont aussi des droits », a déclaré le parrain, Lucien Silga.

Dans ce milieu, Lucien Silga a constaté que les aides ménagères sont souvent confrontées à des problèmes de maltraitance et de non-paiement des salaires pour la plupart des cas.

Ainsi, en lieu et place des dandjoba, l’ADDAD a décidé de mener à l’occasion de la journée internationale de la femme, une campagne de sensibilisation dans tous les quartiers pour inviter d’une part l’opinion publique à respecter les textes concernant les aides ménagères et d’autre part les autorités à ratifier la convention 189 de l’OIT.

L’association a profité de la journée de la femme pour sensibiliser l’opinion

« Nous avons eu à évoquer plusieurs sortes de violence que subissent les aides ménagères telles que les violences sexuelles, physiques et morales. Comme nous ne savons pas où aller, nous subissons ces violences que de quitter le travail », a indiqué la présidente de l’ADDAD, Sakinatou Ouédraogo.

Il faut noter que l’ADDAD est une association de défense des droits des aides ménagères et domestiques qui existe dans six pays, tels la Guinée, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin et le Burkina Faso. Elle est présente au Burkina depuis six ans. « Au début nous étions au nombre de cinq, maintenant nous sommes plus de 300 aides ménagères grâce aux différentes sensibilisations que nous menons », a-t-elle fait remarquer.

Sakinatou Ouedraogo, présidente de l’ADDAD

Même si le combat est encore loin d’être gagné, les différentes sensibilisations ont quand même porté leurs fruits à entendre Mme Ouédraogo car au début, le salaire des aides ménagères se situait entre 7000 à 10000 Francs CFA.  « Actuellement nous sommes à 15000Francs de salaire », a-t-elle confié.

Relevant les difficultés rencontrées par l’Association, Sakinatou Ouédraogo a noté : « Certains patrons nous disent parfois que nous n’avons le droit de créer une association. D’autres même refusent qu’on fasse les réunions hebdomadaires que nous tenons dans le but de former les aides ménagères afin qu’elles puissent connaître aussi leur droit ».

Madina Belemviré

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *