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8-Mars: plus de défis que de fête!

Aujourd’hui, c’est le 8-Mars, la journée internationale des droits des femmes. Pour mémoire, cette fête fut une longue lutte pour la marche vers l’indépendance de la femme. Déjà au XXème  siècle, les femmes ont lutté pour la meilleure condition de travail et l’égalité entre l’homme et la femme, mais aussi du droit de vote. Un combat qui aboutira avec la lutte ouvrière. Alors que la majorité des femmes pense que cette journée vise à mettre à l’honneur les femmes, il s’agit en fait d’une journée internationale visant à sensibiliser à la question des inégalités hommes-femmes. Nuance.

La condition des femmes en Afrique étant toujours en demi-teinte,celles-ci ont intérêt à œuvrer à l’éveil des consciences qu’à faire des Djangoba

A l’occasion de cette fête, les associations de femmes organisent des manifestations pour fêter les victoires et les acquis mais aussi faire entendre leur voix. Elles sont même arrivées à faire trop entendre leur voix jusqu’au point où, certains hommes pensent qu’en cette journée, il faut impérativement jouer le rôle de la femme. Ainsi, l’on voit souvent sur les réseaux sociaux, certains hommes exposer leur photo en pleine cuisine ou encore portant un bébé au dos. Très drôle, car l’objectif va au-delà de tout cela.

En effet, au-delà des festivités, le défi à relever pour les femmes est de taille. Si au départ, de braves dames ont lutté pour améliorer leur condition de travail et se faire accepter par la société, aujourd’hui, nous sommes loin de là. La question du genre est devenue plutôt un projet où il faut se faire de l’argent, s’enrichir au nom des pauvres dames. Les femmes africaines doivent plutôt lutter pour être à la hauteur de la confiance placée en elles et agir pour une chance égale à toutes les femmes. Bien que l’égalité et l’autonomisation de la femme soient au cœur des débats, les faits montrent que les femmes elles-mêmes ne veulent pas réellement de cette égalité tant prônée. Elles jouissent d’une certaine facilité: un quota dans le gouvernement, à l’Assemblée nationale, une certaine faciliter pour accéder à certains postes. Dans certains recrutements par exemple, on n’hésite pas à dire que «les candidatures féminines sont encouragées». Ce débat n’a pas sa raison d’être.

Comme un produit qui est prisé du seul fait de sa qualité, il revient aux femmes leaders de donner l’exemple, de forcer l’admiration et de changer les mentalités par leurs comportements. Or, il y en a qui refusent de s’acquitter correctement de leur tâche. Dans les services et en régime de journée continue, elles sont généralement les dernières à arriver au bureau et les premières à s’en aller. Bien que l’égalité soit chantée en longueur de journée, elle ne se voit pas dans les actes. Par exemple, la location, les frais de condiments, bref les multiples charges dans les foyers sont pour la plupart supportées par l’homme. Dans les services où l’attente parait longue, elles exigent qu’on leur donne la priorité! Sinon, c’est un manque de galanterie! Ce qui est certain, on ne peut pas vouloir une chose et son contraire. Tant que les femmes ne se battront pas pour mériter tel ou tel avantage, la lutte amorcée depuis des siècles n’aura pas les résultats escomptés.

Déjà, la discrimination et l’inégalité ont lieu tous les jours. Le mariage des enfants et les agressions (viols) sexuels également. Dans ce contexte, ni les danses, ni les festins ne seront pas la solution. Il faudrait plutôt éveiller les consciences sur les défis majeurs à relever afin de contribuer au changement des mentalités.

De toutes les façons, le 8-Mars 2018 ne se célébrera pas dans la ferveur et la bombance au Burkina. En effet, après l’attaque terroriste du 2 mars 2018 qui a couté la vie à 8 militaires burkinabè, le ministre de la Femme, Laurence Ilboudo/Marshall, appelle les femmes burkinabè à «célébrer le 8-Mars, dans la sobriété et le recueillement». Une sage décision.

Théophile MONE

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