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A propos des rapports FDS/populations

Il y a quelques jours, moi Mounafica et mon pote Né Wendé étions dans le Nord, précisément à Gourcy pour rendre hommage à Papa Bernard Lédéa, l’homme du peuple qui a tiré sa révérence. Comme son œuvre bienfaisante a couvert tout le grand Nord du Burkina, il y avait du monde pour l’accompagner. C’est ainsi que me retirant de la foule pour un petit besoin, j’ai vu assis sous un petit arbre un vieillard qui échangeait avec des jeunes autour de lui.

Mon oreille de Mounafica a vite fait de capter les échanges qui tournaient autour de la situation d’insécurité grandissante dans le grand Nord du Faso. Comme l’avait dit Né Wendé, avec tout le bataclan qu’ils ont, pourquoi les services de sécurité n’arrivent toujours pas à mettre la main sur les terroristes avant la commission de leurs actes barbares et même après? Ils viennent, ils frappent et ils repartent comme si de rien n’était, dans une zone aussi désertique.

Une des réponses du vieillard a été édifiante. Pour lui, on parle de collaboration entre les FDS et les populations sans donner de garantie aux populations. Il a raconté qu’un jour des militaires sont venus le voir et, après les salamalecs d’usage, ils ont décliné leur identité et lui ont remis un bout de papier sur lequel est écrit un numéro de téléphone, en disant au Vieux des les appeler s’il voit des hommes suspects.

Pour le vieux, cette approche ne marchera jamais car ceux qu’on appelle les terroristes ont une méthode plus efficace. Ils font dans le social, l’humanitaire. Sachant que la vie est plus dure dans le Sahel que partout ailleurs au Faso, les terroristes n’hésitent point à donner aux populations de quoi survivre, en dénonçant l’absence de l’Etat, l’abandon des populations par les gouvernants. C’est du concret et il y a ainsi comme un devoir de redevance.

Ainsi, à l’endroit des autorités, en attendant la réalisation du grand programme de développement du Sahel, il faut entrer dans le système des terroristes : faire du social pour les populations. Cela va les pousser à aider les FDS. Sinon, avec un simple bout de papier avec un numéro de téléphone, on court le risque de se voir appeler par les terroristes pour tomber dans un guet-apens mortel.

Il faut savoir casser la sympathie que les populations du Sahel ont pour les terroristes. Cela ne se fera pas sans bourse déliée. L’argent est le nerf de la guerre, cela est connu. Même Malam Dicko, pour avoir sa notoriété publique, a fait fort dans le social; il aurait aidé beaucoup de gens à vivre avant de leur faire ingurgiter sa parole religieuse, ventre affamé n’ayant point d’oreilles. A partir des échanges du Vieux, j’ai compris pourquoi les attaques se font et les assaillants se fondent dans la nature comme beurre au soleil.

En attendant de réunir l’argent du G5 Sahel, il faut hic et nunc que l’Etat fasse comme au temps de la grande sécheresse avec l’Action sociale: des camions de vivres au Sahel, pour non vendre mais à distribuer aux populations. Ce prix est visiblement moins coûteux que celui des armes. Car dans ce cas précis, la force du social est plus puissante que celle des armes.

Mounafica, tout œil tout ouïe!

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