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A quoi sert l’ordre protocolaire des ministres dans la composition du gouvernement?

Un ministre est un agent du pouvoir gouvernemental qui est à la tête d’un ministère ou d’un département ministériel, tel que les Finances, la Défense ou la Santé. Il dirige les départements ministériels qui sont sous ses ordres, représente l’État pour ce qui concerne son ministère et représente son administration au sein du gouvernement. Il agit généralement sous la direction d’un Premier ministre. Il est généralement responsable devant le pouvoir législatif de la bonne exécution des services qu’il dirige. Le gouvernement est un organe collégial et hiérarchisé. Ainsi le gouvernement est nommé par le président de la République et est placé sous l’autorité politique du Premier ministre, qui est le chef du gouvernement. Mais que signifie l’ordre dans lequel sont annoncés les ministres lors d’un remaniement ministériel? Comment interpréter l’ordre protocolaire?

Le nouveau gouvernement, le troisième de Paul Kaba Thiéba

A chaque formation de gouvernement, le rituel est le même. Le secrétaire général du gouvernement et du Conseil des ministres égrène les noms des ministres. Ni ordre alphabétique, ni ordre thématique. Seul l’ordre protocolaire compte.

Autant le dire d’emblée, l’ordre protocolaire n’a pas d’utilité autre que symbolique ou honorifique. Cependant, lorsqu’un nouveau gouvernement est annoncé, la position des ministres est scrutée de près par les observateurs.

La hiérarchie gouvernementale résulte d’un choix discrétionnaire du président de la République et du Premier ministre lors du décret de nomination. La lecture de ce décret constitutif du gouvernement est donc toujours très riche d’enseignements.

Certaines places occupées au sein du gouvernement peuvent s’interpréter politiquement comme une marque d’honneur envers une personne, comme le fait d’avoir déjà brigué la magistrature suprême (ainsi Ram Ouédraogo avait été nommé ministre d’Etat au temps de Blaise Compaoré). Elles marquent aussi, l’importance donnée à un portefeuille.

Parfois, l’ordre protocolaire peut fournir des indices sur des questions existentielles comme la sécurité, la défense, les finances ou la santé.

La première page du Décret portant remaniement du gouvernement

Ministre, secrétaire d’Etat… quelles différences ?

Dans un gouvernement, tout le monde n’est pas sur un pied d’égalité. Au-delà de l’ordre protocolaire, les membres du gouvernement peuvent avoir le titre (du plus prestigieux au moins prestigieux) de ministre d’Etat, de ministre, de ministre délégué ou de secrétaire d’Etat.

Les ministres d’Etat. Le gouvernement n’est pas obligé d’en avoir. Car, le titre de ministre d’Etat est purement honorifique, mais permet d’apparaître tout en haut de l’ordre protocolaire, juste derrière le Premier ministre. Il ne confère à son bénéficiaire aucune prérogative particulière par rapport aux autres ministres.

Les ministres. C’est la catégorie la plus fréquente parmi les membres du gouvernement. Leur nombre est à la discrétion du président de la République et du Premier ministre. Si les intitulés des portefeuilles régaliens (Intérieur, Justice, Affaires étrangères, etc.) ne changent généralement pas, d’autres subissent des évolutions sémantiques. C’est pourquoi les noms des ministères changent parfois.

Les ministres délégués. Ils sont rattachés à un ministre ou directement au Premier ministre. Ils agissent sur délégation de leur ministère de tutelle, dont ils reçoivent les instructions. Ils disposent néanmoins de la faculté de contresigner seuls les décrets relevant de leur domaine de compétence.

Les secrétaires d’Etat. Ils sont également délégués auprès d’un ministère de plein exercice. A la différence des ministres délégués, ils ne peuvent contresigner les décrets, et n’ont pas de budget propre. De surcroît, ils ne siègent pas à la table du Conseil des ministres, sauf lorsqu’ils y sont expressément invités, par exemple lorsqu’un dossier relevant de leurs prérogatives y est discuté.

Quels avantages à avoir un rang élevé?

Financièrement, l’ordre protocolaire n’a que peu d’influence sur la rémunération des ministres. Si le chef du gouvernement est de loin le mieux payé, les ministres et ministres délégués, quel que soit leur rang, sont à peine mieux lotis que les secrétaires d’Etat.

En revanche, le protocole ne laisse rien au hasard lors des cérémonies officielles. Souvent un décret définit un ordre de préséance, au sommet duquel on retrouve le président de la République, le président de l’Assemblée nationale, le Premier ministre, puis les membres du gouvernement, dans l’ordre protocolaire. Lors d’une cérémonie, la plus haute autorité est placée au milieu de la première rangée. Les autorités suivantes sont disposées alternativement à sa droite, puis à sa gauche, du centre vers l’extérieur

De même, habituellement, les éventuelles prises de parole sont extrêmement codifiées: les allocutions sont prononcées par les autorités dans l’ordre inverse des préséances. Autrement dit, le plus haut dans le protocole parle en dernier. D’ailleurs, selon notre culture, le chef a toujours le dernier mot. Il clôt toujours les débats. Une forme de respect dû à son rang.

Théophile MONE

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