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Accouchements par césarienne: quand, pourquoi et les risques encourus par la mère

Plus que par le passé, la césarienne est aujourd’hui fréquemment pratiquée au Burkina Faso. Si son but est de diminuer la mortalité et la morbidité fœtale, il y a des gens égoïstes qui, ignorant les conséquences, à court et long terme, que peuvent avoir la césarienne sur la future mère, font pression sur leur femme afin qu’elle la réclame auprès des agents de santé parce qu’ils souhaitent que leur bien-aimée aient toujours le corps d’une jeune fille.

En outre, la politique en faveur de la santé de la mère et de l’enfant influence le taux de la pratique de la césarienne en rapport au nombre d’accouchements au Burkina. L’incidence économique étant presque nulle, bien de couples s’y abonnent avec passion sans souvent tenir compte de l’avis des praticiens.

Le sujet ayant un intérêt capital pour la santé de la mère et de l’enfant, cet article vise à informer les populations sur les circonstances qui peuvent amener les gynécologues et chirurgiens à procéder à la césarienne, les raisons médicales qui la justifient très souvent et les conséquences de cette pratique sur la santé de la mère.

La césarienne peut être prophylactique…

La césarienne est une intervention qui, habituellement, permet d’extraire le fœtus en incisant l’utérus par voie abdominale. C’est une opération devenue courante et bien réglée.

L’origine du mot est un peu discutée. Pour Pline l’Ancien (naturaliste et écrivain latin), césarienne vient du fait que le 1er des Césars est né par cette voie, c’est-à-dire par une incision de l’utérus. Mais selon Puntel, on doit rattacher le terme «césarienne» au verbe latin cedere qui veut dire occuper. Cette origine est la plus acceptée.

Le but de la césarienne est de diminuer la mortalité et la morbidité fœtale. Elle est fréquente au Burkina dans les centres obstétricaux.

Césarienne prophylactique, d’extrême urgence ou d’urgence relative

Il existe, selon les spécialistes, deux circonstances essentielles qui nécessitent la césarienne.

D’abord, parce qu’une difficulté intervient au cours du travail, ou parce qu’on a prévu des difficultés au moment de l’accouchement. La césarienne est alors décidée à l’avance et réalisée en dehors ou en début de travail. Dans ce cas, elle est dite prophylactique. Dans tous les cas, celle-ci est destinée à contourner un obstacle comme le rétrécissement pelvien (du bassin) qui fait que le fœtus ne pourra pas sortir. Il peut s’agir également de prévenir les probables séquelles de tumeurs organiques au niveau du bassin, du vagin ou du col de l’utérus. En outre, la césarienne prophylactique est faite pour sauvegarder la mère et le fœtus en cas de grossesse qui évolue avec une pathologie médicale. L’on peut citer par exemple, les cas des grossesses qui évoluent chez une femme qui a un diabète ou dans un contexte d’incompatibilité de rhésus entre la mère et son enfant, ou encore dans le cas d’une hypertension sévère ou d’un terme dépassé (grossesse dépassant plus de 42 semaines). Dans ces situations, lorsque le déclenchement de l’accouchement s’avère impossible, il faut prévoir une césarienne.

Lorsqu’il y a souffrance fœtale chronique, c’est-à-dire quand le fœtus à l’intérieur de l’utérus souffre déjà depuis un certain temps, la césarienne prophylactique peut être faite.

Une autre raison de sa pratique est la présentation anormale qui ne risque pas d’être modifiée au cours du travail: présentation de l’épaule (normalement le fœtus se présente le plus souvent par la tête, présentation céphalée), du front. Ces présentations ne peuvent pas permettre un accouchement par les voies naturelles. Enfin, on pratique une césarienne prophylactique pour un enfant précieux. Certes, tous les enfants sont précieux, mais il y a des circonstances particulières qui font qu’on a plus de d’attention pour certaines grossesses: une femme qui au bout de 10 ans de mariage prend sa première grossesse. Il est conseillé dans ces cas précis pour l’accouchement de pratiquer une césarienne. C’est la meilleure façon de protéger l’enfant contre le traumatisme de l’accouchement. Un enfant est dit également précieux lorsque la femme a des grossesses qui n’aboutissent pas; elle fait des avortements spontanés (des femmes en ont fait plus de 10 fois) et lorsqu’on a pu avoir une grossesse qui arrive à terme, on pratique la césarienne.

Ensuite, il y a les autres césariennes qui se font au cours du travail. Elles peuvent être faites d’extrême urgence, par exemple lorsqu’il y a une hémorragie importante (saignement abondant). Il peut même arriver que les difficultés de l’accouchement provoquent une rupture très hémorragique de l’utérus, fatale pour le fœtus comme pour la mère. La césarienne en urgence intervient également quand il y a une souffrance fœtale aiguë due à diverses causes comme l’enroulement du cordon au cou du bébé pouvant entrainer sa mort.

Il existe des césariennes au cours du travail où l’urgence est relative: lorsqu’il s’agit d’un bassin rétréci où le fœtus ne peut évoluer pour sortir par les voies naturelles. Ce diagnostic peut n’avoir pas été fait pendant la grossesse et l’être au début du travail après examen de la femme ou plus tard quand l’accouchement n’avance pas. Même quand le bassin est normal mais le fœtus est gros pour sortir, l’on pratique une césarienne. Généralement, la césarienne est pratiquée quand des indications nécessitent que l’on sauve la vie du fœtus et de la mère.

…ou d’urgence selon le diagnostic de l’obstétricien. Il est toujours bien de s’en remettre à leur recommandation

Une césarienne condamne-t-elle la femme à en faire toute sa vie?

La césarienne est obligatoirement impérative lorsque la cause de la première césarienne est permanente. Par exemple, si le rétrécissent du bassin a été la raison de la première césarienne, tant que ce problème ne sera pas résolu, la césarienne restera obligatoire puisque la cause est permanente et les risques utérins restent importants pour la mère et le fœtus. Ainsi, si le bassin est asymétrique, il y a lieu de recourir chaque fois à la césarienne. Par contre, si la cause d’une cicatrice utérine antérieure n’est pas permanente, la césarienne n’est pas obligatoire. Seulement, dans la pratique, cette cicatrice va toujours influencer l’obstétricien parce qu’il sait que l’utérus est fragile. L’on retient que d’une manière générale, si la cause de la césarienne disparaît, l’accouchement peut se faire par voie naturelle, avec, néanmoins, une surveillance plus accrue.

Les conséquences à court et à long terme d’une césarienne

Si la césarienne représente la manière la moins traumatique pour que l’enfant naisse, elle a plus de risques pour la mère qu’un accouchement normal. Les conséquences à court terme peuvent se manifester par un taux de morbidité maternelle, un taux de pathologies maternelles consécutives à la césarienne. Cette morbidité maternelle se traduit par des infections qui sont plus fréquentes et souvent liées aux conditions et aux circonstances de la réalisation de la césarienne qu’à l’intervention elle-même. Pour une femme qui est en travail, depuis trois jours par exemple, qui a trainé à la maison et qui se présente dans un centre médical et nécessitant une évacuation porte déjà une infection parfois importante au niveau du fœtus et de son utérus. Dans ce cas, quelle que soit la voie par laquelle l’enfant sort, l’infection va persister. Mais dans l’accouchement par voie normale, l’infection est localisée et circonscrite à l’utérus, tandis que la césarienne va propager l’infection dans la cavité abdominale et peut entrainer une péritonite (inflammation). En définitive, la césarienne n’est faite que par nécessité et doit être une recommandation du personnel de la santé et non d’une quelconque caprice.

Théophile MONE

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