Accueil » Politique » Acquisition de nouveaux véhicules: pour rouler sous nos yeux larmoyants de souffrances?

Acquisition de nouveaux véhicules: pour rouler sous nos yeux larmoyants de souffrances?

L’attitude du gouvernement est incompréhensible. Face à la situation nationale tendue marquée par des revendications sociales des syndicats et des dénonciations de l’opposition, tout acte posé par le gouvernement est qualifié de suspect. Au lieu d’observer la prudence dans ses décisions, le gouvernement de Paul Kaba Thiéba s’en fout. Dès qu’il se tire d’une situation, il se crée une autre.

Paul Kaba Thiéba, le chef du gouvernement
Paul Kaba Thiéba, le chef du gouvernement

Presque chaque mois, le gouvernement trouve des accords avec les syndicats, engendrant des dépenses supplémentaires pour le budget de l’Etat.

Le 6 juin, le Premier ministre a constaté de ses propres yeux l’état de dénuement de l’hôpital Yalgado. Le lendemain, le Conseil des ministres examine un rapport «relatif à l’acquisition de véhicules au profit de l’Administration au titre du budget de l’Etat, exercices 2017 et 2018». Ici, ce ne sont pas les raisons qui justifient ces acquisitions qui posent problème. C’est le contexte dans lequel cette annonce est faite.

Le Conseil des ministres est intervenu au lendemain de la visite du Premier ministre à l’hôpital Yalgado. Les Burkinabè l’auraient applaudi s’il avait annoncé l’acquisition urgente de matériel pour cet hôpital dont la panne du scanner a entrainé l’agression d’un agent de santé par un accompagnant de malade, ce qui a conduit les autres agents à décréter un arrêt de travail pendant 24 h. C’est cette affaire qui a d’ailleurs précipité la visite du Premier ministre à l’hôpital.

Les Burkinabè n’auraient rien à dire, si le Conseil des ministres avait ordonné la baisse des prix des denrées alimentaires, du ciment ou des hydrocarbures. En rappel, le ministère du Commerce a plafonné les prix de certains produits mais, sur le marché, on assiste à une flambée de prix. Autorité de l’Etat où es-tu? Mais cet ‘’incivisme’’ s’explique par le fait que les syndicats mettent la pression sur le gouvernement à travers les grèves pour avoir des augmentations. Le producteur, lui, n’a pas de grève. Donc, il attend le consommateur (fonctionnaire) sur le marché pour avoir sa part de l’augmentation.

Le compte rendu du Conseil des ministres entretient le flou dans cette affaire d’acquisition de véhicules. D’abord, sur la non-précision du nombre. Il est vrai que le Conseil a précisé que «l’acquisition de ces véhicules se fera sur les principes de la nécessité» mais que cache cette nécessité ? Etant donné que c’est sur la base d’un constat d’insuffisance que cette acquisition a été prise, quel est l’état des besoins actuellement?

Le Conseil des ministres n’a pas non plus indiqué le montant alloué à ces acquisitions ni la liste des bénéficiaires encore moins le délai de livraison. «Le manque de véhicules d’appoint ou de remplacement au profit des membres du gouvernement en cas de pannes ou de détérioration de leurs véhicules de fonction» est un argument très léger et ne peut pas justifier cette acquisition dans le climat actuel de malaise sociale. Cette acquisition est inopportune.

C’est ce même gouvernement qui; au cours du Conseil des ministres du 30 mars 2016, avait adopté une réglementation générale de l’utilisation des véhicules de l’Etat, de ses démembrements et des autres organismes publics afin d’optimiser l’utilisation et la rationalisation de la gestion des véhicules de l’Etat. Aussi, au nom de la rationalisation des dépenses, il avait ordonné le plafonnement des crédits de communication alloués au Président du Faso, au Premier ministre, aux ministres et aux présidents d’institutions.

Des mesures d’économie des dépenses de consommation d’eau, d’électricité et de téléphone des administrations publiques avaient aussi été ordonnées afin d’assainir le cadre réglementaire de gestion des factures d’eau, d’électricité et de téléphone de l’Etat, et à faire des économies financières substantielles sur le budget de l’Etat.

Cette histoire de véhicules à acheter est une véritable connerie! Tous les six-mètres de Ouagadougou sont parsemés de véhicules fonds rouges. La pagaille est organisée pour piller le parc auto de l’Etat. L’Etat même n’a pas une idée exacte de son matériel roulant. Véhicules comme motos. Dans les cours des administrations, il y a des véhicules qui sont abandonnés aux intempéries. On ne s’en occupe pas!

D’autres enceintes sont bourrées de véhicules rutilants au garage. Ce n’est pas le manque de véhicules mais la mauvaise répartition et le mauvais emploi de ces véhicules.

La situation générale est tellement préoccupante qu’il faut éviter de parler d’acquisition de véhicules. Il y a des urgences aux urgences de nos formations sanitaires. Les commis de l’Etat peuvent se contenter pour l’instant du parc qu’ils ont. Si c’est pour la lutte contre le terrorisme et l’insécurité, ça peut se comprendre. Sinon, c’est encore une histoire pour glaner des retro commissions.

Abouga Tagnan

Un commentaire

  1. He! mon ami quitte là l’acquisition des véhicules contribue à améliorer les conditions de travail.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *