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Affaire charbon fin: Essakane livre sa version

La société minière IAMGOLD Essakane SA a organisé, le vendredi 31 mai 2019, une visite de presse sur son site minier pour informer les journalistes sur le processus de traitement du minerais à travers le procédé du charbon fin. Deux étapes ont marqué cette sortie: une visite des installations du processus d’extraction de l’or. La deuxième phase a consisté en des échanges directs avec les hommes de médias sur le sujet brûlant qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, à savoir les soupçons de fraude qui pèsent sur la mine.

Des échanges directs des responsables de la mine d’or avec les hommes de médias

Le site d’or de Essakane exploite une fosse à ciel ouvert avec une teneur faible de 1g/tonne. Pour rendre ce projet économique et profitable, explique le Directeur général d’Iamgold Essakane, Mohamed Ourriban, la mine a décidé d’innover afin de maximiser la récupération de l’or. «Pour chaque 100g qui rentrent à l’usine, on récupère environ 92g et les 8g sont perdus. Chaque gramme qu’on récupère coûte 5 millions de dollars», a-t-il révélé. Il était donc important d’investir dans les technologies qui vont minimiser les pertes de l’or, explique-t-il.

Ainsi, depuis janvier 2018 «que nous avons démarré, nous avons produit par l’incinérateur, 5000 onces soit 150 000 tonnes à partir du charbon fin incinéré. Nous avons eu des réparations, des améliorations de l’incinérateur et en raison de ces défis, il y a eu une accumulation du charbon et autres résidus».

Au regard de l’accumulation de ces résidus, la Directrice des affaires corporatives, de la communication et des relations communautaires, Marie Diop, a indiqué: «Nous avons pris l’année dernière la décision d’exporter ce charbon fin. Sur appel d’offres, nous avons retenu une fonderie qui proposait le meilleur taux en termes de paiements. Le 29 août 2018, nous avons demandé une autorisation du ministre des Mines pour expédier ce stock qui s’est accumulé parce qu’on n’était pas capable de le traiter dans l’immédiat. Nous avons eu un accord en octobre qui est un accord de principe disant que l’on peut exporter. Toutefois, le ministre a demandé qu’il y ait la présence des services techniques pour contrôler et déterminer l’estimation des quantités comprises dans le charbon fin. Il y a eu la pesée, l’empotage, le colisage et la mise sous scellé de ces sacs sous la supervision des agents de la BUMIGEB, de la douane, de la Direction générale des mines et de la géologie…».

Les responsables de la société minière IAMGOLD Essakane SA présentent à la presse, le charbon fin

A la fin de ce processus, poursuit Marie Diop, «nous avons procédé en début décembre à l’envoi des conteneurs vers Bobo avec l’escorte douanière. La mission s’est terminée en décembre et le 14 décembre nous avons reçu une lettre définitive du ministère des Mines qui reprenait l’estimation des onces pour le poids total plus la quantité estimée en argent. Le ministre nous a donné son quitus. Le 18 décembre, nous avons eu l’autorisation de la Direction générale des douanes et le 29 décembre, les 32 conteneurs ont été saisis».

Ya-t-il eu fraude ou pas?

Sur cette question, Mme Diop a affirmé qu’une compagnie comme la leur ne s’amuserait pas à s’engager dans des activités de fraude. «Aujourd’hui, nous avons plus de 2 400 employés et les gens ne comprennent pas ce qui se passe parce que nous n’agissons pas de la sorte. Cette initiative d’exportation, on l’a identifiée comme une opportunité, on n’était même fiers d’avoir pensé à cette innovation, de faire tous ces investissements pour optimiser notre circuit et s’assurer de la rentabilité», a-t-elle confié.

Le Directeur général d’Iamgold Essakane, Mohamed Ourriban

Et Mohamed Ourribon de renchérir: « Nous avons une mine qui produit 14 tonnes d’or et la majorité de cette quantité sort sous forme de lingots. La quantité estimée qui est dans le charbon fin par rapport à la production varie de 1 à 1,5% de la quantité d’or total. Le charbon fin, c’est une petite quantité qui est un résidu qui sort du circuit qu’on valorise pour aller chercher 1 à 1 demi pour cent de la valeur globale. Notre objectif n’est pas de produire l’or dans le charbon fin».

Y a-t-il eu une contre-expertise?

«Au stade où nous sommes, il y a un cadre de dialogue avec les autorités judiciaires, on travaille ensemble, on collabore, on fournit les informations qu’on nous demande et ça va se clarifier», a-t-elle conclu.

Madina Belemviré

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