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Affaire de forêt du Kua : «Une tempête dans un verre d’eau» selon le Premier ministre Christophe Dabiré

Le Premier ministre Christophe Dabiré a prononcé le 16 mai 2019 le discours sur la situation de la nation à l’Assemblée nationale. Cet exercice se fait conformément aux dispositions de l’article 109 de la Constitution. Après son exposé, les députés ont posé des questions dont une a porté sur le dossier qui défraie la chronique. Il s’agit de la polémique autour de l’installation d’un hôpital à Bobo-Dioulasso sur 16 ha dans la forêt classée du Kua.

Le Premier ministre devant les députés

Dans sa réponse, Christophe Dabiré, qui a indiqué avoir grandi à Bobo-Dioulasso, a estimé qu’il s’agit d’une «tempête dans un verre d’eau». Le Burkina Faso a contractualisé avec les amis chinois qui sont prêts à construire un hôpital à Bobo-Dioulasso. Le maire de Bobo-Dioulasso a proposé 3 ou 4 sites. Sur tous les sites où la mission d’évaluation a visité, il y a eu des problèmes. «Il ne faut pas que vous l’installiez ici, avec des surenchères qui ne disent pas leur nom», sont les propos tenus par les populations selon le Premier ministre. A propos des surenchères, il a avancé les dédommagements des populations installées sur les sites choisis.

Un des sites proposés était la zone de la forêt. Une mission s’est rendue sur place et il a été arrêté que compte tenu de l’état de déboisement de la zone, on pouvait investir sans dommage sur la forêt classée. La Chine s’est engagée à reboiser les 16 ha concernés par la zone d’occupation de l’hôpital et de l’étendre à 30 ha, à leur frais. En plus, les Chinois ont promis que «si nous sommes d’accord, ils vont même déterrer les arbres sur le site choisi et les replanter dans la forêt classée». Ces propos du Premier ministre ont provoqué des applaudissements des députés. Devant un investissement de 35 milliards de FCFA et avec à l’appui les engagements du partenaire, le gouvernement était fondé d’accorder cet espace, a poursuivi Christophe Dabiré, qui a reconnu que sur le coup, le gouvernement a péché sur sa communication. «Le gouvernement a saisi le maire qui sans attendre qu’un certain nombre de procédures soit engagé avec le ministère en charge de l’Environnement, a donné son avis favorable pour le déclassement de la zone. C’est ce qui a envenimé la situation. On a assisté à la création d’associations comme l’association pour la défense de l’arbre de Kua», a ironisé le Premier ministre, provoquant des rires dans l’hémicycle.

Mais son gouvernement a essayé de rétablir les choses en convoquant un conseil de cabinet pour réparer tout cela. «En tout état de cause, je prends la responsabilité de dire à la représentation nationale que nous allons réaliser le projet en faveur de la population de Bobo-Dioulasso et que nous allons mettre toutes les formes pour que les populations acceptent cet investissement sans penser que nous sommes en train de remettre en cause la protection de l’environnement qui nous tient à cœur» a conclu le Premier ministre Christophe Dabiré.

A T

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