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Affaire UPC: on ne chasse pas le petit lièvre en riant!

D’une affaire au premier abord interne à l’UPC, la démission-création d’un groupe parlementaire par les députés dissidents commence à dépasser la crinière du lion, le symbole de l’UPC. Et pour cause, la mobilisation des militants de Ouagadougou pour obliger les créateurs du groupe parlementaire UPC-Renouveau démocratique (UPC-RD) à rendre purement et simplement leurs mandats. Autrement dit, ils doivent démissionner de l’Assemblée et le parti saura donner les mandats aux suppléants.

Des députés dissidents sommés de rendre les mandats lors d’une conférence de presse

La chose inquiète dans la mesure où la méthode choisie par les militants de faire l’état de siège des domiciles des députés incriminés risque de créer des chasse-poursuites avec les FDS, des jets de lacry, des blessures et si la tension ne connaît pas de baisse, des morts d’hommes. A-t-on réellement besoin de ça en ce moment précis? Non!

Il est grand temps que l’autorité administrative tranche la question au plus vite, car comme aime à dire Né Wendé, on ne chasse pas le petit lièvre en riant. Si le pouvoir estime que c’est une affaire interne seulement à la maison UPC, il fait fausse route.

Se mobiliser devant des domiciles privés pour pousser le propriétaire à remettre un mandat sinon sa vie serait presqu’en danger ne peut qu’entrainer des débordements. Et dans ce cas de figure, il y a toujours des opportunistes pour mettre de l’huile sur le feu.

Imaginons un seul instant que les militants de l’UPC mettent leur plan de barricade des domiciles des députés dissidents à exécution et que les FDS les dispersent, un petit malin peut, avec les réseaux sociaux, balancer des choses qui vont révolter même des non-militants UPC qui vont venir grossir les rangs des protestataires et un débordement est vite arrivé.

Ce n’est pas de la fiction. Par ces temps où les Burkinabè tirent le diable par la queue, et que Nana Tibo, à part ses déboires à Bobo, a eu des oreilles attentives pour écouter son annonce sur le retour prochain de Blaise Compaoré au Faso, il faut tout prendre au sérieux et y trouver la médication appropriée. On ne sait jamais. Surtout que l’autre doit commencer à se trouver mal à l’aise dans les développements politiques entre ses beaux-frères…

Des gens tapis dans l’ombre peuvent sauter sur l’occasion pour un essai d’insurrection. Il n’y a pas de petite affaire m’a souvent dit feu mon grand-père et il aimait raconter l’histoire de la bagarre entre deux margouillats sur le toit de chaume du patriarche du village. L’âne a dit aux autres de les séparer et le mouton, et le coq, et la chèvre et le bœuf, chacun a décliné l’offre. Les deux margouillats, dans leur lutte à coups de queues, sont tombés sur le chandelier qui s’est renversé, le feu a suivi l’huile et a atteint la natte du patriarche qui était souffrant. Le doyen est mort dans l’incendie.

Pour les funérailles grandioses, on a commencé par les coqs, les moutons les chèvres, les bœufs… Tout cela n’a pas suffi, on y a ajouté le gros bétail.

Entre les mains des bouchers, l’âne a dit: «Si on m’avait écouté…»

Les Echos du Faso

Un commentaire

  1. Aucune loi de notre république ne permet à ces « militants » de l’UPC de procéder comme ils le font pour espérer « récupérer leur mandat », car ce mandat ne leur appartient plus. Et puis, ces « militants » de Ouaga qui n’ont pas voté ni contribué à la campagne pour faire élire ces députés ont-ils consulté les non moins « militants » des provinces qui les ont élus? Diabré, en laissant faire ou en jouant double avec cette affaire, prend des risques que lui est capable de comprendre mais pas forcément ces « militants » excités! Ce risque, c’est de se retrouver à la barre pour complicité (si ce n’est commanditaire) d’actes délictueux ou criminels. C’est parce que jusqu’ici aucun des élus n’a porté plainte pour un acte délictueux ou criminel dont il aurait été victime; mais attendez que ça arrive et vous allez voir… Il s’agit d’une question de droit que le Président de l’Assemblée lui-même ne peut trancher (la décision d’un député de créer un groupe parlementaires avec d’autres ou de ne pas s’inscrire dans un groupe fait partie de sa liberté inaliénable dès lors que son mandat a été validé; le Président de l’AN ne peut que prendre acte), ni aucune autorité administrative ou politique actuelle. Sur le fond, Diabré ne doit pas avoir la mémoire courte ou refuser de regarder sans son propre rétroviseur pour s’interroger sur le pourquoi on en est arrivé là… c’est la dictature interne impulsée au lendemain des élections de 2015 à l’UPC qui lui vaut ce qui arrive à ce parti: on exclut, on suspend, on blâme à tour de bras ceux qui ne partagent pas la ligne du chef, on minimise ou on fait en sorte de passer sous silence les départs successifs du parti, on refuse aux députés leur liberté de vote si ce n’est pas qu’on les humilie et après on crie au loup (le MPP, bouc émissaire parfait). Il n’y a rien de nouveau sous ce ciel car les Burkinabè sont les mêmes. Par contre, il est une vérité quasi immuable que Diabré devrait méditer profondément et qui est que « chaque responsable tend à s’élever à son niveau d’incompétence ». Brillant ministre, député et président du CES, très brillant administrateur délégué du PNUD mais piètre manager d’un parti politique capable de gagner des élections….C’est une loi naturelle…

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