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Ainsi donc, la menace terroriste a mué?!

Les faits survenus au quartier Ragnongo, cette semaine, sont des signes symptomatiques des changements de stratégies des terroristes. Le message est on ne peut plus clair: désormais, la menace vient aussi de l’intérieur. Ainsi le voisin, l’ami, le frère, le compatriote, tous sont maintenant de terroristes potentiels. Tout le monde est suspect. C’est bien l’un des objectifs de ceux qui veulent nous diviser. A nous d’être vigilants pour distinguer la bonne graine de l’ivraie.

«Les présumés terroristes abattus et interpelés le 22 mai dernier dans le quartier Ragnongo de Ouagadougou sont quatre individus de nationalités burkinabè et malienne. Les malfrats abattus sont deux Burkinabè, Ouédraogo Youssouf et Sawadogo Abdoulaye alias Abdallah», a révélé la procureure Maiza Sérémé lors d’une conférence de presse.

On ne s’habitue jamais à l’horreur. Malgré la répétition des attaques, malgré le nombre de victimes, la barbarie terroriste nous surprend à chaque fois. Elle nous afflige et nous terrifie. Elle nous divise aussi. Oui, jeter le poison de la discorde dans la population, faire vaciller nos institutions pour faire plonger le pays dans le chaos sont, entre autres, les objectifs que poursuivent ces assassins d’un genre nouveau.

Plus que la complicité d’hier que nous craignions, il s’agit aujourd’hui de Burkinabè qui prennent des armes contres d’autres Burkinabè. Aujourd’hui, le danger ne vient plus forcément de l’étranger. Il n’a plus de visage. Dorénavant, ces barbares pourraient être pour la plupart des jeunes Burkinabè, primo-terroristes qui peuvent passer à l’action sans qu’il y ait eu de signes avant-coureurs. Toute chose qui rend la menace diffuse, confuse et complexe. Le mot d’ordre de l’organisation (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) semble être: «Restez chez vous et commettez des actions terroristes sur vos territoires nationaux».

Résistance, vigilance et coopération

Face à la menace, les Burkinabè devront se serrer les coudes et refuser un quelconque cadeau aux ennemis. C’est pourquoi il nous faut tenir et résister ensemble, non comme des boy-scouts naïfs, mais en citoyens avertis. Tenir veut juste dire, au-delà de nos différences et de nos divergences, faire front commun contre l’ennemi. Refuser de céder à la polémique et à l’invective. Opter pour l’union sacrée.

Mais tenir ne suffira pas et il faut bien sûr agir aussi. En tirant d’abord les leçons des tragédies qui ont ensanglanté notre sol et en apprenant de nos erreurs, s’il y en a eues. Les Burkinabè veulent comprendre toutes les complicités qui existent dans cette affaire; c’est tout à fait légitime. Les autorités politiques, policières et judiciaires ont évidemment le devoir de leur donner des réponses, dans les meilleurs délais et de la façon la plus transparente possible.

Plus qu’hier, le Burkina est confronté à une double contrainte: il doit tout à la fois combattre dans l’urgence et faire face à une menace durable. Cette situation exceptionnelle appelle des moyens et un sang-froid tout aussi exceptionnel.

C’est l’occasion de serrer les rangs et de ne pas nous tromper d’ennemi. Faisons le tri, distinguons, évitons de faire l’amalgame. Soyons vigilants et coopératifs avec nos FDS.

Les Echos du Faso

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