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Ces amitiés qui nous intriguent, mais dont il faut s’accommoder!

Au moment où les Burkinabè attendent impatiemment, prient inlassablement le bon Dieu et exhortent les avocats à user de leur savoir-faire pour obtenir l’extradition de François Compaoré au Burkina afin qu’il disent sa part de vérité dans l’affaire du journaliste Norbert Zongo, certaines personnes, comme Issaka Lingani (journaliste, ironie du sort!) expriment une certaine solidarité à l’ex-« petit président » comme pour provoquer. Cette attitude, quelque peu inopportune, explique-t-elle l’inimitié que les deux journalistes avaient l’un envers l’autre? Ou est-elle l’expression d’une amitié politique inconditionnelle entre François Compoaré et Issaka Lingani? De toutes les façons, restons tolérants tout en admettant, comme Aristote, que «l’amitié, la bonne, doit être soumise à la vérité».

Le journaliste Issaka Lingani en compagnie de François Compaoré en France

L’amitié est une des belles réalités de la vie. Que serait la vie humaine s’il n’était pas possible de se lier d’amitié? Autant l’amitié est belle, autant elle peut être source d’incompréhensions. Qui n’a pas été déçu des comportements d’un ami ou de celui qu’il croyait être tel? Oui, il arrive souvent de se tromper sur la nature du lien.

La preuve, au moment où les Burkinabè, épris de paix et assoiffés de vérité, se liguent pour exiger de la France l’extradition de François Compoaré dans le dossier Norbert Zongo, certaines personnes se démarquent ouvertement de la démarche en allant soutenir le frère cadet du président Compaoré. Elles sont libres car la vraie amitié traverse le temps et demeure intacte. Sur le plan politique, l’on peut le comprendre. Mais humainement, le moment est mal choisi pour afficher ce grand amour. S’agit-il d’une vraie amitié ou d’une simple compagnie teintée d’intérêts?

Ce qui est certain, c’est que s’il y a intérêt, ce n’est plus de l’amitié. Ce n’est pas pour rien que l’on distingue plusieurs formes d’amitié: la vraie amitié, la pseudo-amitié, l’amitié avec des conditions subjectives et intérêts personnels, amitié précaire, amitié transitoire…

D’ailleurs, pour le philosophe Aristote, il y a différents types d’amitiés dont celles des ressemblances (le doux avec le doux, soit des tensions entre des semblables («Le potier en veut au potier»), soit des affinités à partir des contraires («La terre desséchée est éprise de pluie.»). Et, selon les degrés, il distingue trois espèces hiérarchisées d’amitié: soit fondée sur le bon, soit sur l’agréable, soit sur l’utile. En ce qui concerne l’amitié utile, elle disparaît avec la fin du profit. Car faisant partie des formes inférieures de l’amitié. Celles-ci recouvrent d’ailleurs toutes sortes d’hommes, «des vicieux ensemble, un vicieux et un homme de bien, un homme ni bon ni mauvais avec n’importe quel autre (bon, mauvais, ou ni bon ni mauvais.)» Pour ce philosophe, en tout cas, «ceux qui sont amis par plaisir ou par intérêt sont semblables. Ils sont amis par accident. Seuls les hommes vertueux sont amis au sens propre et, comme pour la vertu, ils le sont par disposition ou par activité».

En vérité, du fait de son importance, l’amitié commande le jugement. Cela signifie que quand un ami fait fausse route, il faut le rappeler à l’ordre, franchement et sans détour. Sinon l’amitié devient aveugle et dangereuse. Or, «Si amitié et vérité nous sont également chères, dit le philosophe, c’est à la vérité qu’il convient de donner la préférence».

Au demeurant, les Burkinabè doivent admettre que toute personne est libre de se lier d’amitié avec qui elleveut. Préférer l’amitié politique à la solidarité de corps dans une affaire si douloureuse est un choix à respecter dans un Etat de droit. Il faut être tolérant. Mais comme le dit si bien l’adage, dis-moi qui je suis et je te dirai qui tu es.

Théophile MONE

6 commentaires

  1. Hélas pour vous la vérité est dite…la votre. Condamné sans juger est ça la justice ???
    Pour l’instant aucune preuve que François à tué quoique ce soit. Est ce ça la solidarité de corp ? Vous appelez à lyncher Issaka LINGANI un autre journaliste !!!

  2. votre papier est hautement philosophique et instructif,seulement je note que la chute est ratée,car ce n’est pas ‘dis moi qui je suis et je te dirais qui tu es’,mais dis moi qui TU SUIS'(suivre) ET JE TE DIRAIS QUI TU ES’

  3. Excellent propos sur l’amitié! En revanche, en ce qui concerne le concubinage entre François Compaoré et Issaka Lingani, vous ne nous apprenez pas quelque chose qu’on ne savait déjà. Bonne continuation.

  4. wenda ye la sida

    Pourquoi vous vous intéressez aux amitiés des autres autres, et Vous, ou êtes-vous?, malgré tous les soupçons qui pèsent sur lui François reste un frère et un ami pour moi. Pourtant je peux vous dire que je n’ai jamais reçu m^me un franc de ce monsieur n; un soutien politique, ni un piston. Moi je suis croyais et Dieu dit ne jugez pas les autres à ma place car vous même êtes pécheurs.

  5. Pour les jeunes frères,l’expression consacrée est ‘dis moi qui tu hantes,je te dirais qui tu es’

  6. Le texte est bien, mais je ne pense que ces personnes vaillent la peine qu’on écrive sur eux. Je rejoins Segueda. Il n’y a rien de nouveau dans cet écrit. Laissez-les jouir de leur « amitié » même macadre.

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