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An I du président Roch Kaboré: les insuffisances talonnent les acquis

Dans un élan de collaboration active pour le renforcement de la démocratie et l’amélioration de la gouvernance dans notre pays, le Centre pour la gouvernance démocratique, la CODEL (Convention des organisations de la société civile pour l’observation domestique des élections), Diakonia et WaiterAid ont mis l’examen des 365 jours du président Roch Marc Christian Kaboré au centre d’une séance de dialogue démocratique. A l’occasion, l’état de la gouvernance durant ces 365 jours a été le sujet d’une communication livrée par le Pr Augustin Loada. C’était dans la soirée du jeudi 29 décembre, en présence de représentants d’autres organisations de la société civile, de représentants de partis politiques, de députés, de membres du gouvernement dont le ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré.

Présidium au cours du dialogue démocratique (Pr Augustin Loada devant le micro)
Présidium au cours du dialogue démocratique (Pr Augustin Loada devant le micro)

Précisant que les piliers fondamentaux de la gouvernance démocratique se rapportent non seulement au constitutionnalisme et à la citoyenneté, mais aussi au fait d’avoir des institutions représentatives qui rendent compte, le Pr Augustin Loada, celui-là même qui a été ministre sous la Transition dit assoir son analyse sur le postulat que «la Transition n’a rien fait» pour livrer ce qui, selon lui, est l’état de la gouvernance politique, judiciaire, administrative et sociale du Burkina depuis fin décembre 2015.

De l’avis du Pr Loada, les droits civils et politiques sont «globalement respectés», et il y a lieu de se réjouir du processus d’élaboration d’une nouvelle Constitution. Un processus qui permettra, selon lui, d’avoir «une bonne loi fondamentale qui élargira les libertés et la démocratie au Burkina Faso».

En attendant, les rapports– durant cette première année de la mandature du président Roch Kaboré– de l’Etat à la société «sont dominés par l’autoritarisme»; et au niveau de la justice, il reste encore beaucoup à faire pour garantir l’effectivité de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Au même moment, le constat selon le Pr Loada, est également que les ministres et élus du peuple manquent d’assurer– dans le sens de l’assainissement de la gouvernance administrative- le contrôle qui sied sur les agents publics, tandis que non seulement les attentes sociales sont très fortes sur fond de «sentiment général de désenchantement», mais aussi les organisations de la société civile «restent majoritairement dans la dynamique de veille citoyenne». «Vivement, dira le Pr Augustin Loada, que la promesse de réformer les institutions se réalise!»

Simon Compaoré, ministre d'Etat en charge de l'Administration territoriale et de la sécurité intérieure
Simon Compaoré, ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la Sécurité intérieure

Mettre en exergue les insuffisances pour être corrigées

Avant de se retirer, le ministre Simon Compaoré a tenu à préciser d’un ton quelque peu haussé à l’attention– notamment– du Pr Loada, «je ne suis pas de ceux qui pensent que la Transition n’a rien fait». Et d’ajouter, «si la Transition n’avait pas travaillé, nous n’allions pas être là».

Autre précision du ministre d’Etat, «je ne suis pas venu ici pour défendre ce que le gouvernement a fait (durant les 365 jours de pouvoir du président Roch Kaboré, Ndlr), mais pour écouter les critiques constructives qui permettent d’opérer les transformations positives des masses populaires». Du reste, le Pr Loada a tenu à préciser que le but de l’exercice du jour «n’est pas d’instruire un procès mais de mettre en exergue les insuffisances pour être corrigées». Et d’ajouter, «d’ailleurs le gouvernement n’est pas le seul acteur du changement auquel nous aspirons, le parlement, la justice, la société civile, les medias, l’armée, l’administration, les partis politiques, les citoyens pris individuellement sont aussi acteurs, et si chacun joue bien son rôle, l’espoir est permis».

De l’avis de Simon Compaoré, c’est un exercice qui, pour avoir réussi à mobiliser des députés, des membres du gouvernement, «honore notre pays». Et à l’en croire, le gouvernement attend beaucoup des conclusions de ce dialogue démocratique, car «c’est véritablement en 2017 que bon nombre de programmes vont être déroulés».

Paangui Parè

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