An II du président Roch: les vraies questions à se poser au-delà du pessimisme et du griotisme - Les échos du Faso
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An II du président Roch: les vraies questions à se poser au-delà du pessimisme et du griotisme

Décidément, les Burkinabè sont ondoyants et divers. Ils sont imprévisibles et versatiles. A l’égard de leurs hommes politiques, par exemple, ils leur déploient un amour de prédilection surtout pendant les campagnes. Ils se laissent séduire par leurs promesses, mais peu après leur arrivée au pouvoir, ils leur expriment un désamour incompréhensible. A défaut, ils leur maintiennent, contre vents et marées, un amour aveugle. La preuve, la ferveur avec laquelle le président Roch a été accueillie s’est amoindrie aujourd’hui chez certains burkinabè, deux ans seulement après sa prise de fonction. Par ailleurs, certains de ses supporters ne trouvent aucun grief à lui faire. Pour eux, tout est impeccable. En fait, les appréciations des uns et des autres sont fonction des sensibilités politiques. Le dénominateur commun des deux camps est que les jugements sont disproportionnés par rapport à la réalité, parfois à l’emporte-pièce, sans arguments solides et réalistes.

Le président Roch Marc Christian Kaboré

Cela fait 2 ans que le président Roch est au pouvoir. Il l’y a accédé après une insurrection exemplaire et une transition controversée et parsemée d’embûches et des élections transparentes et démocratiques. Naturellement, le président Kaboré a concentré tous les espoirs des Burkinabè surtout que lui-même s’est présenté comme la solution aux multiples problèmes des Burkinabè.

Deux ans après sa prise de fonction, les uns sont tellement pessimistes qu’ils voudraient se débarrasser de lui avant même la fin de son mandat. Ces pessimistes-nés ont la nuque raide. Car quel que soit le président, ils entretiendront toujours à son égard une haine. Ce sont des éternels insatisfaits.

Les autres, empêchés par des intérêts personnels ou de groupe ou encore aveuglés par le suportérisme exacerbé voient tout en rose. Leur slogan: rien à signalé (RAS)!

Ce dont on peut être sûr, c’est que le désenchantement de certains burkinabè est lié au fait que le président avait promis dans l’euphorie de la campagne, de résoudre la majorité de leurs problèmes (chômage, problèmes éducatifs et économique, logement…) une fois élu. Mais ils refusent de comprendre, soit par naïveté soit par mauvaise foi, qu’une fois élu, et confronté au réel, le président ne peut plus promettre la Lune. Par exemple les attaques terroristes n’étaient pas prévus. Elles nous ont tous surpris comme une mouche dans la soupe! Elles bouleversent les plans préétablis tant sur les plans politiques que budgétaires. Les priorités changent du jour au lendemain. En plus, les gens ont la fâcheuse habitude au Faso de se focaliser sur la «tête» en oubliant qu’un seul homme ne peut pas tout changer.

Les indicateurs du bilan

Ceci étant, l’on peut apprécier le bilan des 2 ans de mandat du président Roch sur sa capacité à relancer la croissance économique, à résorber le chômage des jeunes, à empêcher l’endettement du pays d’augmenter, à accroître le pouvoir d’achat des Burkinabè, à combattre effacement le terrorisme qui annihile les efforts de développement. A-t-il relevé ces défis majeurs? A chacun d’y répondre sans complaisance!

Outre les questions économique et sociale, il faut se demander si le président est l’homme qu’il faut pour gérer les multiples attentats des terroristes. Ce qu’il a fait jusque-là plaide-t-il en sa faveur oui ou non? Qui aurait fait mieux? D’autre part, qu’en est-il de la personnalité du président? Est-il à la hauteur des évènements, est-il courageux et déterminé dans ce contexte de terrorisme permanent pour assurer la protection des Burkinabè et de leurs biens? Enfin, notre président est-il sympathique et honnête?

C’est en répondant sincèrement à ces questions que nous pourront apprécier justement et objectivement le bilan des 2 ans du président Roch Marc Christian Kaboré. Quelle que soit notre réponse, nous devront, au finish, lui proposer des solutions pertinentes car c’est bien de cela qu’il s’agit et dont le Burkina à besoin. Sinon en matière de critiques véhémentes et gratuites ou de défenses partisanes et passionnées de la gestion de notre pays, tout le monde peut être maître en Israël. Mais nous n’y gagnerons rien! Rien du tout!

Théophile MONE

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