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ANC: que ce soit X ou Y, leur dénominateur commun reste la corruption

Jacob Zuma a démissionné, mais le constat est rude sinon amer: le président sud-africain a plongé le parti de Nelson Mandela dans sa plus grave crise depuis son arrivée au pouvoir en 1994. Il est honteux que l’ANC n’ait pas débarqué M. Zuma plus tôt. La faute à l’impunité et à la corruption de la plupart des membres de ce parti. Aujourd’hui, le parti doit reconnaître qu’il est moralement en faillite et corrompu jusqu’à la moelle. Réparer les dégâts causés par M. Zuma va leur prendre des années. Détournements de fonds publics, pots-de-vin, trafic d’influence, les pratiques reprochées à Jacob Zuma ont fini par déteindre sur son parti. La preuve, l’an dernier, l’ANC a enregistré son revers électoral le plus sérieux en cédant le contrôle à une coalition de l’opposition des municipalités symboliques de Johannesburg, la plus grande ville du pays, et de Pretoria, sa capitale.

Peut-être un avant-goût de la défaite encore plus cuisante qui les menace lors des élections générales de 2019 si rien n’est fait pour corriger le parti et les mentalités de ses caciques, habitués à se servir plutôt qu’a servir le peuple sud-africain. L’idéal ou le remède de cheval serait de remplacer tous les anciens patrons de l’ANC à leur poste.

Ils sont tous pareils. A moins que les mentalités changent
Cyril Ramaphosa, le nouveau président issu de l’ANC

Le président Cyril Ramaphosa a du pain sur la planche. Car pour s’être accroché à son fauteuil malgré les appels à sa démission, Jacob Zuma a non seulement trahi les idéaux de l’ANC, mais a contribué à aggraver la crise de confiance dans le gouvernement du pays. Il est maintenant question de sauver le parti, le Congrès national africain. Surtout que tous les échelons du parti, de la base au sommet, semblent souillés par la corruption. En effet, les dirigeants sud-africains ont des penchants pour l’enrichissement personnel. En vérité, hier comme aujourd’hui, et ce depuis le décès de Mandela, les différentes directions de l’ANC sont paralysées et incapables de traiter l’indiscipline, l’incompétence et la corruption qui affectent ses plus hauts rangs. Il y a de quoi se désespérer de la lente décadence morale du parti. Certes, tous les Africains sont fiers de l’histoire de l’ANC, mais certainement pas de ses dirigeants d’aujourd’hui. L’ennemi de ce grand parti n’est plus à l’extérieur, mais en son sein.

Bonnet blanc, blanc bonnet

La nation Arc-en-ciel a sans doute fait d’énormes progrès. Mais la corruption y est un vrai problème et finira par annihiler tous les efforts consentis.

Afin de se faire une idée de l’ampleur de la corruption qui gangrène l’ANC, les médias sud-africains ont rapporté que dans le Kwazulu Natal, certaines personnes ont été tuées parce qu’elles s’opposaient à la corruption endémique dans de nombreuses municipalités contrôlées par l’ANC.

Au-delà de l’impunité qui reste un problème majeur en Afrique du Sud, il y a également un problème de mentalité de ses hommes politiques. On y remarque un hiatus entre les idéaux prônés et les actes posés.

Comme partout en Afrique, chacun use de son autorité ou pouvoir pour s’enrichir sur le dos de la population. Oui, la plupart des hommes politiques africains sont égoïstes: ils aiment paraître, vivre pour eux, rien que pour eux, leur famille et leur clan. En Afrique du Sud, que ce soit donc l’un ou l’autre de l’ANC qui prend le pouvoir, tant que les autorités ne s’abonneront pas à la maturité, au discernement et à la maîtrise d’eux-mêmes, l’on aura toujours l’illusion du changement. Car au fond, ils ont fréquenté la même école. Bonnet blanc, blanc bonnet!

Théophile MONE

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