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Artistes musiciennes: «nous ne sommes pas des perverses, nous sommes des femmes responsables, et nous ne sommes pas venues dans la musique pour nous exhiber» dixit Odla Ouanguette

L’Association burkinabè des femmes artistes musiciennes (ABFAM) a rencontré le vendredi 15 mars 2019 à Ouagadougou, les hommes de médias. Objectif,  présenter les membres du nouveau bureau ainsi que les projets que le nouveau bureau compte mettre en œuvre tout au long de son mandat.

le présidium lors du point de presse

« Nous dames artistes musiciennes, nous sommes victimes de notre bienveillance et de notre générosité si bien que nous sommes écartées des grands plateaux. Nous sommes sous informées, sans formation et nous nous replions sur nous-mêmes », a fait remarquer l’artiste musicienne, Odla Ouanguette. Selon la présidente de l’ABFAM, Maï Lingani élue présidente le 19 mai 2018 pour un mandat de trois en remplacement de Amety Méria, cet état de fait est dû au statut des femmes, mais aussi au fait qu’elles se battent en rang dispersé.

Partant de ce constat, les femmes artistes ont décidé de se regrouper en association pour combattre cette injustice sociale dont elles sont victimes. Pour Odla Ouanguette, la musique est une activité, un travail, un métier comme les autres. « Nous ne sommes pas des perverses, nous sommes des femmes responsables, des mères et nous ne sommes pas venues dans la musique pour nous exhiber, nous faire voir », a-t-elle soutenu.

Crée donc en 2015, l’Association burkinabè des femmes artistes musiciennes s’est fixée pour objectifs, d’appuyer et soutenir les femmes artistes musicienne du Burkina Faso dans leurs efforts er dans leurs luttes pour leur épanouissement et leur promotion au sein de la société, assister, conseiller et soutenir les musiciennes dans leur lutte pour la sauvegarde et la valorisation de leur profession…

la présidente de l’ABFAM, Maï Lingani

Pour atteindre ces objectifs, l’ABFAM renseigne sa présidente, Maï Lingani prévoit d’organiser les 72h de l’association. Il s’agit pour elle, de faire le tour des 13 régions du Burkina pour rencontrer les autres artistes burkinabè. Aussi il est prévu la création d’un orchestre féminin, l’organisation d’œuvre sociale au profit des couches défavorisées…

Nudité des femmes dans les clips

La nudité des femmes dans les clips est revenue dans les échanges avec la presse. Pour Maï Lingani, le regard diffère selon l’environnement et les mentalités. « Aux Etats Unis, par exemple, on va trouver que la femme s’habille ainsi pour faire passer le message. Au Burkina ce n’est pas le cas. On n’a pas le droit de juger car c’est sensible », a-t-elle dit. Et Olda Ouanguette de préciser que l’incarnation doit être différente de la réalité. « Tu joues un rôle dans un clip, ce n’est pas le fait de t’exhiber, de te trémousser qui va faire avancer ce que tu fais. Je ne suis pas contre pour ce genre de tenue si c’est la musique qui demande cela, car c’est un travail. Malheureusement on voit ça sur nos scènes, devant le public et ça n’honore pas la femme », a-t-elle noté.

Pour contribuer au développement personnel et professionnel de l’artiste, il faut lui faire comprendre le milieu dans lequel elle vit, comment elle doit se comporter pour atteindre son objectif. « Certaines artistes femmes viennent dans la musique parce qu’elles ont juste envie de se faire voir, d’autres par contre viennent parce qu’elles ont un message à donner, elles veulent contribuer positivement à l’édifice de la nation », a-t-elle conclu.

Madina Belemviré

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