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Assemblée nationale: que fera le député Elysée Kiemdé face à l’épreuve de la conscience?

Pour être resté – le 3 juillet dernier – à l’hémicycle tandis que ses camarades du groupe parlementaire UPC (Union pour le progrès et le changement) claquaient la porte, et surtout pour avoir voté en faveur de la loi relative au Partenariat public-privé (PPP), le député Elysée Kiemdé est exclu de son parti qu’est l’UPC. Une exclusion décidée le jeudi 20 juillet, sur fond d’exigence de démission du député, au profit de son suppléant.

Député Elysée Kiemdé, exclu de l'UPC
Député Elysée Kiemdé, exclu de l’UPC

Le député perd de facto son mandat en démissionnant du parti sous la bannière duquel il a été élu. Mais il conserve ledit mandat si c’est le parti qui l’a exclu de ses instances. Le député Elysée Kiemdé qui a été exclu de l’UPC est donc fondé à conserver son mandat pour le reste de la législature. Autrement dit, l’UPC ne peut lui retirer ce mandat.

Mais au député Kiemdé, le parti de Zéphirin Diabré «exige (…) que, par souci de cohérence et d’honnêteté, il démissionne de son poste de député et remette ainsi son mandat aux militants UPC du Bazèga qui, par leurs mobilisations sur le terrain et leurs soutiens financiers, ont permis son élection à l’Assemblée nationale.»

Il s’agit, là, d’une véritable épreuve de conscience, mais aussi de pression populaire à laquelle le Bureau politique national de l’UPC entend soumettre le député Elysée Kiemdé.

Face à cette épreuve, c’est évidemment à lui, Elysée Kiemdé, qu’il revient de prendre la décision qu’il trouvera appropriée. Restera-t-il à l’Assemblée en ralliant un des groupes parlementaires de la majorité ou en se conduisant en député non-inscrit? Optera-t-il de succomber à l’exigence de son ex-parti? Toutes les options lui appartiennent.

Les scénarii qui s’affichent

Le scénario auquel on peut s’attendre le plus, c’est celui du ralliement au groupe parlementaire MPP (Mouvement du peuple pour le progrès) ou au groupe parlementaire Burkindlim. Du reste, ses désormais ex-camarades de l’UPC l’accusent de travailler «de connivence avec les plus hauts responsables du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et du Nouveau Temps pour la Démocratie (NTD) dans le but de débaucher des militants de l’UPC au profit de ces partis politiques de la majorité».

L’autre scénario lié au maintien de son mandat consistera à rester un député non-inscrit, c’est-à-dire, un député qui n’appartient à aucun groupe parlementaire. Il dispose de cette possibilité, étant donné qu’une fois élu, le député exerce un mandat national, et non un mandat de parti politique quoiqu’élu sous la bannière d’un parti politique. En tant que député non-inscrit, Elysée Kiemdé ne sera pas un sous-député. Seulement, il sera traité – dans la pratique quotidienne de l’AN- comme un membre de l’administration parlementaire, en ce sens que toutes les informations et tous les documents que reçoivent les autres députés par l’intermédiaire du président de leur groupe parlementaire lui seront remis ou communiqués par le secrétariat général de l’Assemblée nationale. Avant lui, Laurent Bado du PAREN (Parti de la renaissance nationale) sous la IVè législature, Benjamin Yaméogo de l’UNDD (Union nationale pour la démocratie et le développement) sous la Vè législature, l’ont été.

Quelle que soit l’option qu’il embrassera en restant député, il pourrait entretenir sa carrière politique. Pour peu dire, c’est que dans ce pays, les moyens déterminent la vitalité de l’homme politique.

Mais s’il s’incline face à l’exigence qui lui est brandie, il devra céder le restant de sa mandature à son suppléant. Il cessera donc d’être député. Et presque certainement, il quittera l’arène politique car il est presqu’évident qu’il ne pourra plus reconquérir ou entretenir sa base électorale qui pourrait lui servir de ressort.

Entre la gêne de croiser ses anciens camarades à l’hémicycle et la fin probable d’une carrière politique, l’ancien député Elysée Kiemdé devra choisir… le plus vite possible. En rappel, il été député aux couleurs UPC sous la Vè législature qui a été balayée par l’intrépide vent de l’insurrection populaire de fin octobre 2014. L’on peut présumer qu’il agira en homme averti. Mais attendons de voir…

Paangui Parè

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