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Assistance vidéo: la solution qui pose problème

Après le vote unanime de l’International Football Association Board (IFAB) en faveur de l’assistance vidéo à l’arbitrage (Video Assistance Referee, VAR), le Mondial des clubs 2017 avait servi de ballon d’essai à cette nouvelle règle. Sa confirmation est faite cette année à la Coupe du monde 2018 en Russie. Ainsi, malgré les doutes, l’arbitrage vidéo fait désormais partie des lois du jeu en football. Même si son utilisation n’est possible que dans quatre cas de figures: but marqué, carton rouge, penalty, doute sur l’identité d’un joueur à avertir, la VAR pose problème.

Arbitrage vidéo n’est pas la panacée. Elle ne résout pas tous les problèmes d’injustice

L’objectif de la VAR est de corriger les mauvaises décisions en prônant l’équité dans le déroulement du jeu. Ce qui n’est pas sans conséquences.

En effet, les conséquences de la VAR sur le déroulement des matchs sont apparues au grand jour: perte de spontanéité dans la célébration d’un but et dans la décision de l’arbitre; incompréhension des spectateurs dans le stade; temps morts plus fréquents….

D’autre part, l’arbitrage vidéo tue le football en ce sens que le sentiment d’injustice est dans ce sport un bijou d’humanité à préserver. Pour cela seulement, il est impossible de donner raison aux rationnels du football qui y voient un manque de modernité, de professionnalisme. Qui plus est, en pratique, la VAR à pour conséquence d’imposer aux spectateurs non plus du football mais des tests d’intelligence pour rats de laboratoire. Il existe même la crainte qu’à la longue, les responsables du football réclament des caméras supplémentaires pour vérifier les touches, tacles, corners, cartons jaunes, cartons rouges. Ce qui dénaturerait le sens du jeu.

En allant au bout de ce raisonnement, s’appuyer sur la vidéo pour arbitrer en football est une démarche fasciste.

Comme on le voit présentement en Russie, malgré l’assistance vidéo, les erreurs continuent car l’évolution technologique n’a pas accompagné le mouvement. Le problème de l’arbitrage relève de sa politisation. Dans ce Mondial, on peut dire que l’Afrique a été pour certaines équipes  »chassée » de la compétition par des erreurs de jugement. On a utilisé ce système pour causer des torts et on ne l’a pas utilisé pour corriger des torts (les cas du Sénégal et du Nigeria). Tant qu’au sommet de la FIFA ça ne bougera pas, on connaîtra toujours les mêmes polémiques.

La VAR n’est pas exempte de défaut et n’empêche pas toujours les erreurs d’arbitrage. Dans ce sens, la vidéo est un serpent de mer censé régler tous les problèmes d’arbitrage. Une illusion. Car qui dit vidéo ne dit pas justice. Tout le reste n’est que communication, démagogie, populisme. Le débat sur la vidéo n’est que le reflet de la société de contrôle.

Pour ceux qui suivent en direct les matchs du Mondial, la vidéo ralentit le cours du jeu et nuit ainsi à sa fluidité. Elle tue le spectacle et l’émotion. L’arbitrage vidéo n’est pas la panacée. Elle est donc une solution qui pose problème.

Théophile MONE

Encadré: La VAR a sauvé Cristiano Ronaldo

Cristiano Ronaldo a bien failli manquer le match contre l’Uruguay en 8es de finaleLes Portugais sont passés par toutes les émotions le lundi 25 juin soir lors du match décisif pour la qualification en 8es contre l’Iran. Alors qu’ils se voyaient terminer premiers du groupe B, l’Iran a égalisé sur pénalty dans les arrêts de jeu, contraignant la Seleçao portugaise à finir derrière l’Espagne et à affronter l’Uruguay en 8es de finale. Mais ça aurait pu être pire.

Après son coup de coude volontaire, Cristiano Ronaldo a bien failli manquer le match contre l’Uruguay en 8es de finale…

En effet, à la 80e minute, l’arbitre a fait appel à la VAR après avoir vu un joueur iranien au sol suite à un duel avec Cristiano Ronaldo. Au ralenti, on voit effectivement CR7 mettre un coup de coude volontaire dans le visage de Pouraliganji.

Finalement, malgré les images (83e), l’arbitre a décidé de ne donner qu’un carton jaune au Madrilène. Il n’est quand même pas passé loin de rater le match face à la Celeste en huitième de ce Mondial en Russie.

Pour Carlos Queiroz, le sélectionneur portugais de l’Iran, la star du Portugal méritait sans doute le rouge. «Il y a un coup de coude. Un coup de coude, c’est carton rouge dans les règles. Dans les règles, il n’est pas précisé si c’est (Lionel) Messi ou Ronaldo ». Aussi a-t-il vivement critiqué l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR).

«Les décisions doivent être claires pour tout le monde», a-t-il poursuivi, avant de s’en prendre à nouveau à la VAR. «Donc selon moi, M. Infantino et la FIFA, tout le monde est d’accord sur le fait que la VAR ne va pas bien. C’est la réalité. Il y a beaucoup de plaintes.»

 

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