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Assurance récolte coton: un palliatif contre la perte des revenus des cotonculteurs

Le signature des documents de l’assurance par les différents partenaires

La Maison du coton, siège de l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB), a abrité, ce 17 mai 2018, une cérémonie qui va révolutionner la production cotonnière au Burkina Faso qui tend d’année en année vers plus de professionnalisme. Il s’agit de la signature des documents juridiques qui vont encadrer la vulgarisation de l’assurance récolte dans la zone de production de la Société burkinabè des fibres textiles (Sofitex). Les dirigeants de la Sofitex et des autres sociétés cotonnières, de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (Unpc-B), avec leurs partenaires que sont PlaNet Guarantee, des assurances et des banques de la place, ont donc convenu ce jour d’unir leurs efforts afin d’offrir aux producteurs de coton de la zone Sofitex une assurance qui va sécuriser leurs productions.

Les partenaires dont l’engagement va donner plus d’espoir aux cotonculteurs

Par la signature des documents juridiques, la Sofitex, l’Unpc-B, Ecobank, Allianz Burkina, Bank of Africa, Coris Bank, Coris Assurance, Sunu Assurance, Sonar et la Faîtière des caisses populaires ont établi une assurance qui va dédommager les producteurs de coton qui y ont souscrit en cas de baisse de leur production cotonnière du fait de la mauvaise pluviométrie.

Comme jamais auparavant, l’opinion nationale et internationale a été témoin cette année des manifestations organisées çà et là par des producteurs de coton ou prétendus tels de la zone Sofitex qui incriminaient la qualité des intrants agricoles mis à leur disposition qui auraient été à l’origine de la baisse de leurs productions de coton. Or donc, comme l’ont expliqué l’AICB, puis le Directeur général de la Sofitex et enfin le gouvernement, cette baisse de la production cotonnière est à mettre sur le compte d’une mauvaise pluviométrie.

Le DG de la Sofitex, Wilfried Yaméogo, a expliqué le contexte dans lequel l’assurance a été mise en place

Nul n’ignore que le Burkina Faso, pays essentiellement agricole, pratique une agriculture pluviale et donc coure le risque d’être confronté à la sécheresse, au déficit pluviométrique, aux inondations, aux attaques acridiennes et autres. Le ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques a d’ailleurs commandité une étude qui a conclu au résultat que «les pertes de récolte entre 2005 et 2012 se chiffrent à plus de 33 milliards de FCFA avec un risque d’aggravation d’ici 2025» a rappelé le DG de la Sofitex, Wilfried Yaméogo.

«C’est dans ce contexte que s’inscrivent nos actions visant à développer et mettre en place avec nos partenaires un mécanisme d’assurance récolte unique en Afrique de l’Ouest» a-t-il expliqué.

PlaNet Guarantee a lancé depuis 2011 dans des pays de la sous-région et ici l’Assurance Récolte Sahel. Au Burkina, elle a concerné le maïs. Une opération pilote a été menée dans deux régions cotonnières de la zone Sofitex, à savoir Dédougou et Houndé sur une période de 5 ans (depuis 2012/2013) et les résultats sont prometteurs. Voilà pourquoi il a été procédé à la signature de la convention cadre de la généralisation de cette assurance sur le coton, dans la zone Sofitex, a expliqué Wilfried Yaméogo.

C’est une assurance tous risques qui couvre la baisse du rendement moyen au niveau des Sociétés coopératives paysannes de producteurs de coton (Scoops-PC) et qui leur permet de rembourser les crédits au niveau des banques et d’avoir des revenus leur permettant de subvenir aux besoins de leurs familles. A partir de cette campagne agricole 2018/2019 donc, l’assurance récolte coton sera en place dans les sept régions que compte la zone Sofitex.

Des acteurs et partenaires de la filière cotonnière venus soutenir l’initiative

Lui succédant, le représentant des institutions financières, DG D’Ecobank Burkina, Cheikh Travaly, a renchéri en disant que «Nul besoin de démontrer la pertinence de cette assurance récolte dans un contexte où les effets négatifs de la péjoration climatique se font ressentir de manière significative sur les conditions économiques et sociales de nos vaillants cotonculteurs». La présente campagne illustre parfaitement l’état de précarité de nombreux producteurs du à la baisse des rendements. Le niveau record des impayés dus aux institutions financières et un record: 2.3 milliards!

C’est pourquoi Cheikh Travaly s’est réjoui, en son nom et au nom de ses homologues, de la vulgarisation de l’assurance récolte. «Nul doute que la concrétisation de ce noble projet (…) contribuera pleinement à garantir les revenus de nos vaillants producteurs et à renforcer la confiance des institutions financières pour le bien de toute la filière» a-t-il conclu.

Les assureurs, représentés par le Directeur général adjoint d’Allianz Burkina, David Sanon, ont rappelé qu’à l’initiative de PlaNet Guarantee, ils s’investissent depuis 2011 dans la couverture des risques climatiques dans notre pays. Allianz est pionnière dans le domaine mais aujourd’hui elle se réjouie d’être rejointe par Sonar, Sunu et Coris Assurance. «La gestion de l’assurance coton sous forme de pool renforce la capacité de couverture des assureurs».

Concrètement, les engagements des assureurs sont les suivants:

  • Pour 86 000 ha assurés, ce qui constitue une hypothèse pessimiste, le montrant total de la garantie varie entre 1.4 milliard CFA et 2.8 milliards CFA en fonction de l’option choisie [5 200 FCFA/ha et 11 200 FCFA/ha, ndlr];
  • En hypothèse normale, portant sur 129 000 ha assurés, la couverture d’assurance varie entre 6.4 milliards de FCFA et 12.9 milliards de FCFA en fonction de l’option choisie;
  • Enfin, le montant de la garantie varie entre 8.6 milliards de FCFA et 17.2 milliards de FCFA en fonction de l’option choisie découlant d’une situation en hypothèse optimiste soit 172 000 ha assurés» a expliqué M.

Sanon.

Comme à chaque fois que la filière leur a fait appel, les journalistes étaient nombreux à la cérémonie

Mesurant l’impact du réchauffement climatique qui pourrait impacter la production, M. Sanon reste néanmoins convaincu que «les producteurs et tous nos partenaires redoubleront d’effort dans la prière afin que la saison pluvieuse qui s’annonce soit abondante, avec des pluies régulièrement réparties».

Les premiers concernés par cette assurance récolte coton, les producteurs de cotons du Burkina, étaient représentés par leur président, Bambou Bihoun. Il a pris la parole pour remercier les partenaires qui sont à leur écoute et qui les aident au moment où la baisse des rendements affecte profondément les producteurs. Il a souhaité que les Scoops-PC adhèrent massivement à cette alternative qui les éloigne des cauchemars des éventuelles mauvaises productions. Il a révélé avoir assuré 60 ha.

Hidogo

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