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Attaque du camp de la MINUSMA à Tombouctou: la même tactique que celle de l’Etat-major général de Ouaga

Des soldats burkinabè du Bataillon Badenya au Mali

Tout d’abord, nos hommages au caporal Ibrahim Yaméogo qui a été fauché dans cette attaque barbare du camp de la MINUSMA à Tombouctou cet après-midi du 14 avril. Que l’âme du frère Yaméogo repose en paix. Il était en mission pour une cause juste et des injustes lui ont ôté la vie.

Cela écrit, des informations qui nous sont parvenues indiquent clairement que les terroristes ont utilisé la même tactique de tromperie faite le 2 mars passé à l’Etat-major de Ouaga, pour accéder au camp de la MINUSMA. Comme à Ouaga, les terroristes ont porté des tenues de l’armée malienne et ont même utilisé des véhicules tout-terrains estampillés Armée malienne et UN (Nations unies), pour mieux se rapprocher du camp. Il faut avouer que c’était difficile de découvrir le subterfuge.

Avec cette nouvelle donne de se fondre dans la masse des militaires des Nations unies et du Mali, les terroristes veulent créer un vent de soupçon général. Tout le monde devient un suspect, ce qui rend difficile la coordination de la lutte, car on ne sait plus qui est vrai frère d’arme et qui ne l’est pas. C’est vicieux, méchant.

La vigilance doit être plus que jamais de mise; après les tenues militaires et les véhicules, les terroristes vont essayer d’adopter d’autres subterfuges, comme se faire passer pour des humanitaires, des Messieurs-tout-le-monde afin d’approcher les zones visées pour commettre leur forfait. Ainsi, il faut donc être cartésien: «Cogito ergo es sum», je pense, donc je suis. Ce qui, dans cette situation, reprend le doute cartésien: «Je doute donc, je suis».

Oui, comme l’a dit le philosophe Descartes, «ne jamais recevoir aucune chose pour vraie que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute». Que l’on se comprenne. Il ne s’agit pas non plus de tomber dans la paranoïa, en voyant le mal partout. Mais de rester vigilant comme un Sioux. Car le message des terroristes semble de plus en plus clair à l’endroit des populations; ils veulent dire voilà «on frappe ceux qui sont chargés de vous protéger». Toute chose qui peut faire naître une peur-panique généralisée car les populations ne sauront plus à quel saint se vouer.

C’est ici que le terme «terrorisme» prend son plein sens: terroriser les populations, les apeurer, donc les rendre faibles moralement et mentalement. Or un homme faible sur ces deux points est comme du chewing-gum, modelable à souhait.

Avec les derniers développements dans la stratégie des terroristes, on est presqu’obligé de reconnaître que le président Roch Kaboré avait eu raison quand il déclarait qu’il fallait désormais intégrer la lutte contre le terroriste dans nos modes de vie. C’était après la première attaque qui a frappé Ouagadougou, celle du Cappuccino.

A l’époque, des voix se sont fait entendre pour voler dans les plumes du président du Faso, en assurant qu’il ne rassure pas, or son devoir est de protéger et d’assurer la sécurité des populations. Ces voix voyaient le terrorisme comme un épiphénomène. Que non, il est plus pernicieux et plus profond que ça. C’est un combat de tous les jours et par tous ceux qui sont épris de paix et de justice.

Chacun doit se prendre pour un soldat, un officier des services de renseignements, car il a été prouvé que le militaire seul ne parviendra jamais à bout du terrorisme qui utilise plusieurs paradigmes: la religion, la mauvaise gouvernance, la pauvreté, l’analphabétisme…

O.H.

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