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Attaques armées contre les FDS: une œuvre de démoralisation après l’échec de l’occupation du Sahel?

En 10 jours, 4 attaques armées ont fait des victimes dans 4 corps de métiers au Burkina Faso. Le 11 août 2018, un convoi de la gendarmerie qui escortait le personnel de la société minière en direction de la mine de Boungou dans la Tapoa a sauté sur une mine. Le bilan de cette explosion fait état de 4 morts dont 4 gendarmes et un civil. Un convoi de la même société minière qui se rendait à Bobo-Dioulasso est tombé dans une embuscade le 17 août 2018. Après les échanges de tirs, on a déploré 2 victimes civiles. Voilà que dans la nuit du 21 août 2018, un douanier perd la vie suite à l’attaque du poste de douane de Batié. Cette attaque a eu lieu dans la partie Sud-Ouest alors que les 2 précédentes ont respectivement eu lieu à l’Est et à l’Ouest du Burkina Faso. La dernière en date est celle de Sollé, dans le Nord, où un assistant de police a été tué. Comme on le constate, après le Sahel qui était la zone de prédilection des terroristes, les attaques se sont déportées à Ouagadougou, au Centre du pays, avant de se répandre au Nord, au Nord-est du pays, à l’Ouest et maintenant au Sud-ouest.

Les Forces de défense et de sécurité ont fait un bon boulot dans le Sahel burkinabè. Mais ces derniers temps, la technique de harcèlement dans plusieurs localités, loin les unes des autres, vise à attirer les FDS sur toute l’étendue du territoire…

La localisation de ces différentes attaques indique un encerclement du Burkina Faso par les forces du mal.

Une question mérite d’être posée. Ces attaques sont-elles toutes l’œuvre des groupes terroristes? Pas si sûr.

On retient que la plupart de ces attaques ne sont pas revendiquées, contrairement aux habitudes des groupes terroristes. En plus, au lieu de s’attaquer aux forces qui combattent les terroristes sur le terrain, ce sont des corps paramilitaires qui sont la cible des attaques. C’est le cas du douanier de Batié qui est venu allonger le bilan macabre des éléments de ce corps. On se souvient que suite à l’attaque de la gendarmerie de Djibasso (province de la Kossi) le 31 août 2017, un douanier a été tué. Deux autres douaniers avaient trouvé la mort dans la zone du Sahel en 2016 après l’attaque de leur poste. En dehors des douaniers, les agents des Eaux et Forêts font aussi les frais de ces bandits. Le 16 mars 2018, l’attaque du poste des Eaux et Forêts de Nassougou, dans la province du Gourma, dans la région de l’Est, a enregistré un mort du côté des forestiers. Cette attaque était la deuxième attaque de ce poste en moins d’une semaine

Bado Jean de Dieu, le douanier arraché à la vie il y a quelques jours à la sortie de Batié, dans la région du Sud-Ouest

Les Forces de défense et de sécurité (FDS) ont fait un bon boulot dans le Sahel burkinabè. Ils ont nettoyé le Sahel en démantelant les foyers terroristes ou en mettant en déroute les quelques membres actifs. La Douane et les Eaux et Forêts ne sont pas impliquées dans la lutte contre le terrorisme. Cette technique de harcèlement dans plusieurs localités, loin les unes des autres, vise à attirer les FDS sur toute l’étendue du territoire. Une manière de les disperser et d’affaiblir leur capacité afin de déstabiliser le pouvoir et l’empêcher de travailler au développement du pays.

L’origine et les auteurs de ces dernières attaques sont aussi à rechercher ailleurs. Mais on peut aussi imaginer qu’ayant échoué dans la tentative de conquérir le Sahel, les terroristes aient changé le fusil d’épaule. S’étant rendu compte qu’elles ne pouvaient pas occuper une partie du pays, les forces du mal se sont lancées dans une œuvre de démoralisation des hommes de tenue. Toutes les attaques ont commencé en 2015 après la fuite de Blaise Compaoré et une partie de son clan avec beaucoup de moyens. Ceux qui sont restés au pays ont tenté en vain de déstabiliser le pays avant de tenter de revenir aux affaires par un coup d’Etat manqué.

Adoua Kassiro

4 commentaires

  1. Cette attaque interpelle la conscience de tout citoyen responsable. Pour épauler nos FDS dans leur mission de sécurisation de notre pays il faut que les les populations s’organisent pour leur apporter un soutien à leur attente. Pourquoi ne pas créer dans chaque village un comité de vigilance qui constituera au niveau national un maillage de renseignements dont nos FDS ont tant besoin. Il est tant de « dédiaboliser » nos Kolweogo ou nos dozos.

  2. Peuple Sankariste

    Merci pour cet article qui interpelle.

  3. Belle analyse Adoua Kassiro, très pertinente.Je pense que l’idée de DABIRE de mettre en place des Espèces de « CDR » dans les villages en plus des Kolweogo ou nos dozos, pour être des relais de renseignements des FDS pourrait faire tache d’huile dans la lutte contre ces forces du mal, pour paraphraser le président de la Transition Michel KAFANDO.

  4. Mon Burkina se perd, la sécurité de mon burkina se meurt. une chose est certaine , comment peut-on emprisonner des tueurs en série pour ne pas dire des serial killer si V = vie ?
    A celui qui tue, que la mort aussi soit donner sans autre forme de procès. Et vous verrez que tout ira de mieux en mieux sécuritairement parlant.

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