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Attention aux projets non-marchands dans le cadre des PPP

Le Burkina Faso a adopté en juillet 2017 la loi portant allègement des conditions d’exécution des investissements dans le cadre des Partenariats public-privé (PPP). Pour de nombreux observateurs, cette mesure a permis la mise en œuvre de plusieurs projets. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que la nature de certains projets prévus n’est pas de nature à arranger le Burkina Faso.

Tous les investissements ne peuvent pas rentrer dans le cadre des PPP

Même si d’une manière générale, les PPP peuvent présenter des avantages, le cas du Burkina Faso soulève des interrogations au vu du nombre importants de projets PPP et de projets non marchands. Au titre de ces projets non marchants figurent la construction du siège du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération et des Burkinabè de l’Extérieur à Ouaga 2000, la construction de la Chancellerie de l’Ambassade du Burkina Faso à Dakar au Sénégal, la construction des instituts régionaux d’administration, la construction d’échangeurs non-payants, la construction de la maison du Burkina à Abidjan, etc. Ce qui constitue un risque d’endettement dont la soutenabilité budgétaire n’est pas assurée et pourrait alourdir inutilement la dette publique de l’Etat. En plus, le contexte burkinabè inspire une certaine méfiance.

En effet, le pays est affecté par la corruption des agents publics, surtout les membres des commissions d’attribution des marchés (CAM) et en face on note une absence de sanctions. Des risques de surfacturations existent.

Cette question épineuse de la corruption doit être prise à bras-le-corps parce qu’il a été constaté une insuffisance de sanctions contre les auteurs responsables d’actes de fraude et de corruption. Pour ce faire, le code pénal devra être beaucoup plus dissuasif en matière de corruption et de fraude, de sorte à éviter qu’elle ne soit une bonne et facile alternative d’enrichissement pour certaines personnes, insoucieuses de dignité personnelle. Le gouvernement tient pourtant un bon prétexte pour lutter contre la fraude dans les administrations.

En 2017, pendant que les dépenses d’investissement connaissent une baisse de plus de 251,66 milliards F CFA, celles sur les salaires augmentaient de 18,2 milliards F CFA, suite aux engagements pris avec les partenaires sociaux. Jamais un gouvernement n’en a fait autant en un an. C’est dire qu’un effort est fait dans le sens d’améliorer les conditions de vie des travailleurs. Malgré tout, les grèves continuent dans l’administration. C’est la preuve qu’elle (l’administration) cache des disparités à plusieurs niveaux. Non seulement les ministères et institutions enregistrent des déficits importants en termes de personnel mais aussi les niveaux de salaires présentent des disparités évidentes.

Des études sectorielles pourraient être menées afin de déceler ces déficits en personnels et décrire les taches de chaque travailleur pour un meilleur usage.

La question des ressources humaines doit être prise au sérieux, de concert avec l’ensemble des syndicats, parce que depuis 1998, des sommes conséquentes n’ont pas été allouées à la rédaction des outils de gestion des ressources humaines.

Aussi, des mesures doivent être prises afin que l’assiduité et la ponctualité ainsi que la lutte contre la corruption soient de rigueur dans les administrations. La tenue des états généraux de la Fonction publique annoncée par le gouvernement se fait toujours attendre.

L’exécutif gagnerait à prendre en compte ces remarques et observations dans le cadre de l’exécution du budget 2018 adopté le 27 novembre 2017 par l’Assemblée nationale.

Abouga Tagnan

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