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Bassolma Bazié à propos des manifestations: «Ce sont des gesticulations théâtrales»

Au cours d’une conférence de presse animée mercredi, l’Unité d’action syndicale a donné sa lecture des faits sur la situation nationale. Pour l’UAS, les différentes manifestions constatées ces derniers jours ne sont rien d’autre qu’un moyen de faire croire que le Burkina n’est pas vivable et d’instaurer une zone rouge.

Le présidium lors de la conférence de presse

L’actualité nationale est marquée ces derniers jours par des revendications de toutes sortes des Organisations de la société civile. Certaines personnes vont jusqu’à exiger le retour de Blaise Compaoré. «Ce sont des gesticulations théâtrales», a martelé le porte-parole de l’UAS, Bassolma Bazié, qui a soutenu: «Nous ne rentrons pas dedans». Pour lui, l’objectif recherché par les uns et les autres, c’est de parvenir à faire croire que le Burkina n’est plus vivable et instaurer des zones rouges.

Se prononçant sur l’arrestation de Pascal Zaida, Bassolma Bazié a réaffirmé la position de l’UAS qui a toujours été contre toute entrave à la liberté d’expression et de manifestation. Mais «nous disons aussi que tout un chacun avant de poser ses actes, doit se mirer dans le miroir».

Ceux-là même qui disent aujourd’hui qu’on les empêche de manifester, sont ceux-là même qui, s’est rappelé M. Bazié, estimant que la grève des chauffeurs et des travailleurs de brasseries dérangeait le climat social, avaient en avril 2015, demandé au Premier ministre Zida de mettre aux arrêts dans dix jours, les secrétaires généraux des centrales syndicales, faute de quoi ils allaient descendre dans la rue. Ce sont les mêmes, poursuit-il, qui ont voulu monter la communauté musulmane contre la Fédération nationale des boulangers et pâtissiers à travers des conférences de presse. «Ceux qui ont été mis aux arrêts et ceux qui font en sorte à ce que les libertés ne soient pas respectées sont les mêmes», est-il convaincu.

Balsolma Bazié, le président de mois des Centrales Syndicales

Analysant les propos tenus par les autorités actuelles sur l’amélioration des conditions de vie des populations, foi de M. Bassolma, «nous avons l’impression que c’est du théâtre». A l’en croire, l’UAS a exigé à l’Etat une gouvernance vertueuse, de mettre fin au pillage des ressources, de mettre aux arrêts et de juger tous ceux qui seront reconnus coupables des malversations financières. «Malheureusement nous constatons que malgré l’insurrection, la résistance, le comportement des autorités ne semble pas changer», a-t-il déploré. La preuve, le dernier rapport de l’ASCE a révélé que la présidence du Faso est en tête des malversations sur le carburant.

A l’entendre, le gouvernement actuel veut qu’il y ait des troubles sociaux permanemment, afin de pouvoir justifier son échec dans l’application de son programme.

De ce fait, il a lancé un appel aux travailleurs de ne pas gaspiller leurs énergies et de les garder au moment venu.

Instaurer une loi pour juger les morts

Pour Bassolma Bazié, il faut élaborer une loi permettant de juger les morts. «On doit se battre pour que dans nos lois, il y ait la possibilité de juger des morts. Nous respectons les morts dans notre pays en terme de moralité que quand quelqu’un meurt c’est fini. On ne doit pas continuer dans ça», a martelé M. Bazié qui trouve inacceptable d’accorder tous les honneurs à quelqu’un qui a pillé les ressources du pays durant sa vie. «Il faut arrêter d’utiliser des drapeaux nationaux pour draper des cercueils de voleurs, de pilleurs… Si tu n’as pas eu le courage de répondre devant la justice, le jour du jugement il n’y a pas à dire que tu n’es pas là pour répondre parce que tu es mort. Même si c’est dans ta cour que tu es enterré on enchaine la cour, pendant le nombre d’années que tu dois faire», a-t-il conclu.

Madina Belemviré

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