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Pour le bien de l’ANC et de l’Afrique du Sud, le président Jacob Zuma doit partir de gré ou de force

L’Afrique du Sud vit la chienlit. Elle va mal. Mais son président Jacob Zuma discrédité par les scandales et les affaires de corruption s’accroche désespérément au pouvoir. Une obstination agaçante, révoltante et compromettante à un an des élections générales tant pour les principaux responsables de l’ANC qui redoutent des échecs s’il ne quitte pas le pouvoir que pour le peuple sud africain qui en a marre des scandales. Au pouvoir depuis 2009, la présidence de M. Zuma est marquée par des scandales de corruption à répétition et une économie en berne, avec un taux de chômage record à 27,7%. Craignant des poursuites judiciaires, le président joue au dur en exigent immunité pour lui et plusieurs membres de sa famille. Un chantage difficile à obtenir car la justice est indépendante et personne ne voudra protéger un président corrompu. Mais son entêtement ne saurait perdurer car le Conseil national exécutif (NEC), principal organe de décision de l’ANC, détient plusieurs options pour le chasser du pouvoir.

Jacob Zuma, le président de l’Afrique du Sud

Les frasques du chef de l’Etat remplissent les journaux depuis des années, avec une richesse de détails et une absence de conséquences également vertigineuses. Tout y est passé: affaires de viol, de corruption à de multiples niveaux, détournements, le tout sur fond de pillages en règle des ressources publiques. Et comme si de rien n’était, Jacob Zuma poursuit sa route. Il n’a apparemment aucune intégrité et aucune honte. Les négociations ne le convaincront donc pas de démissionner. D’ailleurs, le 4 février 2018, les principaux responsables de l’ANC ont fait le déplacement chez lui à Pretoria pour le prier de partir. Ils auraient essuyé une fin de non-recevoir. Pourtant, à l’approche des élections générales sud-africaine de 2019, l’image de l’ANC ne fait qu’en pâtir. Un séisme politique qui ébranle l’Afrique du Sud et secoue le Congrès national africain (ANC).

Le sujet est grave et préoccupant puisque Jacob Zuma a déjà survécu à 8 motions de défiance depuis son arrivée au pouvoir en 2009. Il s’accroche au pouvoir parce que l’ANC l’a jusque-là sauvé. Mais jusqu’à quand? D’autant plus que le nouveau patron du Congrès national africain (ANC), Cyril Ramaphosa, est déterminé à faire partir au plus vite le président Zuma afin de calmer la colère d’une grande majorité des électeurs.

Déterminés à redorer l’image de leur parti et de la Nation arc-en-ciel, les responsables de l’ANC comptent aller jusqu’au bout et faire partir le président de gré ou de force du pouvoir.

Ainsi, désormais, les jours de M. Zuma sont comptés car il est lâché par la nouvelle direction de l’ANC. Menacé de prison, le président négocierait son départ contre une immunité pour lui et sa famille. Mais du fait de la séparation des pouvoirs, ses réclamations sont jugées fantaisistes sinon impossibles. Déjà des voix s’élèvent contre un éventuel arrangement ou accord car M. Zuma «n’est pas au-dessus des lois». Cyril Ramaphosa ne peut pas dénoncer la corruption et conclure un accord d’amnistie pour les corrompus. Ce serait suicidaire pour lui et son parti.

Mais face au refus de démissionner comme l’avait fait en 2008 le président Thabo Mbeki, le Conseil national exécutif (NEC) de l’ANC pourrait mettre en branle plusieurs options. En effet, il pourrait aussi décider de saisir le Parlement en déposant une motion de défiance contre le président ou en engageant une procédure de destitution du chef de l’Etat.

A l’allure où vont les choses, le président Zuma risque fort bien de terminer en prison, là où il devrait être depuis des années.

Théophile MONE

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