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Bientôt, le retour des biens culturels burkinabè de la France

Le ministère de la Culture a animé ce 29 novembre une conférence de presse au sein du musée de la musique Georges Ouédraogo à Ouagadougou. Face à la presse, il était question de communiquer sur la dernière avancée de la promesse du président français, M. Emmanuel Macron, par rapport à la restitution temporaire et définitive du patrimoine africain à l’Afrique. Il était bon selon le SG du ministère de la Culture d’informer l’opinion sur les actions que le Burkina compte entreprendre pour donner suite à l’engagement pris par le président Emmanuel Macron à Ouagadougou.

Le présidium composé de la gauche vers la droite du Pr Jean Célestin Ky et du SG Jean-Paul Koudougou

Le 28 novembre 2017 à l’université Ouaga I Professeur Joseph Ki-Zerbo à Ouagadougou, le président français, M. Emmanuel Macron, avait déclaré: «je veux que d’ici cinq ans, les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain à l’Afrique». Cette décision historique a été saluée par plusieurs pays africain quand on sait que selon la loi française depuis François Ier «Tout bien qui rentre dans le patrimoine de l’Etat français est inaliénable et imprescriptible», a expliqué l’ambassadeur de France au Burkina, Xavier Lapeyre de Cabanes. «Ces biens appartiennent donc à l’Etat pas au chef d’Etat», précise-t-il. Il convient donc que cette décision du président français émane d’une réelle volonté politique.

Suite donc à cette décision, le président a commis des experts notamment l’économiste sénégalais Felwine Sarr de l’université Gaston Berger de Saint Louis et la française Bénédicte Savoy du Collège de France pour étudier les conditions de réalisation de cet engagement, explique le SG du ministère de la Culture, Jean-Paul Koudougou. Son excellence Xavier Lapeyre de Cabane a aussi ajouté qu’il faudrait prendre des dispositions juridiques pour permettre le rapatriement en toute l’égalité des objets d’arts pris souvent violemment en Afrique. La période concernée va de la période coloniale jusqu’aux indépendances. On estime qu’en ce temps-là les biens culturels ont pu être dérobés de force. Mais pour la période après les indépendances, les œuvres culturelles d’Afrique parvenues en France ont pu être légalement acquises, soit vendues aux enchères soit ont fait l’objet de trafic d’objets d’art. Il faut noter que par rapport à ces derniers cas le rapatriement voulu ne les prend pas en compte. Toujours est-il que le processus de rapatriement est déjà en Etude: «le processus est déjà enclenché et des études conjointes seront faites pour voir les contours et les ramifications de la problématique. Pour ce faire, plusieurs institutions aussi bien françaises que Burkinabè seront sollicitées selon les conférenciers.

Les participants à la conférence dont l’ambassadeur du Burkina en France (premier plan, au milieu)

Pour sa part, le Burkina dit être prêt à accueillir ces biens culturels. Le Pr Jean Célestin Ky, au présidium, a rassuré quant aux moyens humains et matériels susceptibles de pouvoir recevoir et gérer au mieux ces biens culturels du Burkina: «le Burkina dispose au jour d’aujourd’hui de personnel qualifié, des docteurs en histoire de l’art, des maîtres assistant, des professeurs agrégés et des techniciens de musée et conservateurs de musée, mais aussi des locaux tel que le musée national, pour recevoir ces biens culturels». Le SG rappelle d’ailleurs que la question du rapatriement des biens culturels nationaux n’est pas nouvelle pour notre pays: «déjà en 2008, le Burkina avait procédé au rapatriement de près de 33 heures de documents sonores inédits collectés par des chercheurs français depuis les années 30 et détenus par le laboratoire d’ethnomusicologie du Mussé de l’Homme, place Trocadéro».

Rappelons qu’à ce stade, selon les inventaires disponibles actuellement et selon le rapport des deux experts commis par le président Macron, approximativement 1088 objets sont présents dans les institutions patrimoniales en France.

Hamadou Ouédraogo

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