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Comment Blaise Compaoré a driblé les groupes communistes.

Le 15 octobre 1987, un commando hyper drogué a fait irruption dans la salle où le capitaine Thomas Sankara tenait une réunion avec son cabinet. Leur intention mortifère a coûté la vie au président du Faso avec 12 autres camarades. C’était la fin de la Révolution burkinabè, même si par stratégie les ‘’frontpopulairistes’’ ont brandi la rectification de la révolution. Certains groupuscules communistes qui ont soutenu Baise Compaoré dans sa recherche effrénée du pouvoir avaient cru que la révolution allait se durcir, quitter la mollesse que Sankara voulait lui donner quand il a reconnu que le train de la révolution est parti trop en vitesse laissant beaucoup de personnes sur le quai. Il fallait donc arrêter le train, faire marche-arrière pour embarquer tout le monde.

Les ‘’rouges’’ de l’époque en ont perdu leur sommeil, ils ont alors pactisé avec Blaise Compaoré qu’on appelait ‘’le rouge’’ pour rectifier la ligne. Or donc, le mot rectification n’avait pas la même connotation pour les ‘’cocos’’ et pour Blaise. Il a réussi à les dribler un à un, ce qui a fait dire à Etienne Traoré, pendant sa traversée du désert quand il a été rejeté comme un kleenex après avoir permis d’asseoir les bases du pouvoir de Blaise Compaoré que «nous étions dans le même lit que Blaise, mais nous n’avions pas les mêmes rêves». Dans les dribles, Thom Sank en a aussi faits.

Un jour, au temps chaud de la guerre entre le Tchad et la Libye, la France, qui soutenait le Tchad, avait baptisé cela «Opération Manta». Un journaliste malicieux avait tendu son micro au capitaine Thomas Sankara pour savoir son avis sur l’Opération Manta. La malice était de savoir s’il soutenait son ami Kadhafi donc contre la France ou s’il était du côté de la France contre Kadhafi. Le piège était évident. L’humoriste qui aime à dire «il y a deux cas» ne s’y retrouverait pas.

Seulement voilà, la réponse pleine d’intelligence et d’humour du capitaine Sankara a surpris et séduit tous les journalistes. Revivons ce grand moment:

  • Vous voulez mon avis sur l’Opération Manta? a-t-il demandé au journaliste.
  • Oui, a répondu celui-ci.
  • Dites-moi, manta signifie poisson, non?
  • Oui, Monsieur le président, a rétorqué le journaliste.
  • Eh bien, moi je suis un sahélien, c’est un problème aquatique…

Tout cela dans un large sourire. Tous les éléments de la presse présents ont été pris de court et, sans le vouloir, les journalistes ont applaudi, tant la réponse était inattendue, cinglante et pleine de sagesse.

Contrairement à Blaise Compaoré, Thom Sank était un mangeur de livres, une boulimie livresque qui lui donnait de l’ascendance même sur les spécialistes du domaine. Blaise a avoué aux premières heures du Front populaire qu’il n’aimait pas lire. Il a dû revoir cela au fil du temps car ses réponses aux questions tout début de son règne étaient très souvent à côté de la planque.

O. H.

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