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Blaise Compaoré aux obsèques de Salifou Diallo?

Après les drames que notre pays a connus récemment, le général Djibrill Bassolé, du fond (?) de sa cellule de la Maison d’arrêt et de correction des Armées (MACA), a adressé des messages de compassion aux familles endeuillées, aux FDS et à la Nation. Ce sont des marques de sympathie qui ne sont pas passées inaperçues, surtout sur les réseaux sociaux. Mais comment cela se fait-il, a-t-il un téléphone là-bas ou est-ce un porte-parole qui parle à son nom? Laissons les magistrats et leurs détenus gérer leurs relations.

Blaise Compaoré et son ancien fidèle parmi les fidèles

Le général (?) Yacouba Isaac Zida en a fait de même, depuis son exil doré canadien. Guillaume Soro, malgré les péripéties de leurs relations ces dernières années, a réagi. Il doit avoir le cœur léger de s’être réconcilié avec Salifou, juste avant sa mort. De l’autre côté, ceux que l’on n’a pas entendus, du moins publiquement, ce sont les vrais-vrais anciens potes de Salif Diallo.

Au premier rang de ceux-ci, il y a Blaise Compaoré. Celui qui doit presque tout sinon beaucoup à Gorba, son homme de confiance parmi ses anciens fidèles.

Il y a également le général Gilbert Diendéré. Mais il a l’excuse d’être un bagnard. Il pourra le faire un jour, si les circonstances le permettent. Il faut aussi citer son épouse Fatou Diendéré/Diallo, la ‘’cousine’’ de Salif Diallo, au propre comme au figuré. Au propre, parce qu’ils portent le même patronyme et au figuré parce qu’ils partagent la même région du Nord.

La haine est-elle si tenace entre Blaise et le défunt, au point de demeurer insensible à la douleur de la famille Diallo? On ne lui demande pas d’avoir une compassion pour son parti, le MPP! Même si, au niveau national, tous ses adversaires politiques (anciens camarades de l’ODP/MT et du CDP) et opposants de toujours ont reconnu l’œuvre immense abattue par le défunt.

Blaise Compaoré aurait tapé un grand coup, en assistant aux obsèques de l’illustre disparu, coupant ainsi l’herbe sous le pied de tout le monde. Il aurait mis fin à son exil devenu inconfortable du fait de la guerre de succession en Côte d’Ivoire qui implique son filleul Soro.

Car après l’hommage à Salif Diallo, il aurait pu rejoindre directement sa résidence de Ziniaré et attendre tranquillement que la justice daigne ou pas venir l’y arrêter. Hélas, cette fois-ci ne sera probablement pas la bonne!

Cette fois encore, il va refuser de rentrer dans l’histoire du Burkina par la grande porte, se contentant de demeurer cet homme insondable dont on le qualifie. Tous ceux qui ont servi Blaise avec fidélité sont aujourd’hui six pieds sous terre. La liste est longue. En désordre, on peut citer: Kwamé, le jeune homme qui fut son garçon depuis Pô. Otis et Maïga ses chauffeurs. Sansan Kambou et Marcel Kafando de sa sécurité rapprochée. Nabié ‘’4-roues’’ de sa garde rapprochée. Gaspard Somé, l’un des artisans de la répression estudiantine de mai 90. Clément Oumarou Ouédraogo. Sans oublier ses camarades révolutionnaires avec qui il a pris le pouvoir, avant de s’en débarrasser: Sankara, Lingani et Zongo. Et nous en oublions certainement.

Il continue de fuir ses responsabilités car les derniers ministres qui l’ont servi sont devant la Haute Cour de justice et risquent gros. Il aurait dû faire comme Sankara, le 15 octobre 1987, lorsque ses sbires sont venus pour le tuer. Il aurait dû dire: «Rentrez dans vos familles respectives car c’est de moi qu’ils ont besoin». Luc Adolphe Tiao et ses ministres auraient le cœur soulagé. Blaise aura-t-il ce courage un jour?

L’Impertinent

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