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Blaise Compaoré et Gilbert Diendéré étaient les «moins bien» informés du Burkina

Gilbert Diendéré a joué un rôle central dans la sécurité du pays durant les 27 années de pouvoir de Blaise Compaoré. Officiellement, il était le patron du CNEC puis  chef d’état-major particulier de la présidence. Mais dans les faits, Diendéré était le vrai patron de l’armée et des renseignements.

L’homme Blaise et son ombre Diendéré

Dans une interview qu’il a accordée au journal Jeune Afrique du 11 octobre 2017, Gilbert Diendéré affirme: «Je n’étais au courant de rien». Il fait allusion au coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015. Pour lui: «Ce sont des sous-officiers qui étaient à la manœuvre. Peu après, des hommes sont venus chez moi pour m’informer de la situation».

Des négociations qui ont suivi la séquestration du Président Kafando, de son Premier ministre et 2 de ses ministres, Diendéré décide d’assumer le coup d’Etat «car j’étais un des seuls à pouvoir le faire». Comment des sous-officiers qu’ils a lui-même formés peuvent-il prendre en otage un président de la république sans qu’il n’en soit informé? Comment le haut gradé qu’il est n’a pas exigé que ces éléments relâchent le président du Faso? Pourtant, celui qui n’était pas au courant du putsch aurait reçu 160 millions de FCFA d’aide extérieure pour financer son coup, selon le rapport de la commission d’enquête sur les évènements du 16 septembre 2015 mise en place par le gouvernement.

Veut-il nous faire croire qu’à l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), un sous-officier pouvait agir à sa guise sans être sanctionnée? Par ce coup d’Etat, Diendéré justifie sa haine vis-à-vis de Yacouba Isaac Zida qu’il accuse: «Il voulait se débarrasser de tous les officiers qui étaient plus gradés que lui. Mais la troupe n’a pas accepté. Zida s’est alors mis en tête de démanteler le régiment». Quels sont ces officiers plus gradés que Zida au RSP? Diendéré étant le plus gradé, il ne reste que de colonel-major Boureima Kiéré et le colonel Mamadou Deka qui sont d’ailleurs dans cette affaire de coup d’Etat. Quels sont les autres gradés RSP dont parle Diendéré?

Un argument difficile à avaler qui nous rappelle celui que Blaise Compaoré a tenté de servir au monde entier après l’assassinat de Thomas Sankara le 15 octobre 1987. Pour Compaoré, ce jour-là, il était chez lui parce que alité. Il dit n’être pas au courant de la préparation de l’assassinat de celui qui était son ami et frère. C’était dans Jeune Afrique N°1400 du 4 novembre 1987 qu’il indique que des soldats sont allés pour arrêter Thomas Sankara. C’est à ce moment que la garde de Sankara a ouvert le feu sur eux. Plus loin dans l’interview, il affirme que les soldats lui ont expliqué après le drame «qu’ils savaient que je n’aurai jamais accepté de l’arrêter s’ils venaient m’annoncer que celui-ci préparait notre assassinat à 20h, ce jeudi 15 octobre».

Dans l’affaire David Ouédraogo, Gilbert Diendéré, le patron du RSP, a une fois de plus tenté de brouiller les pistes. David Ouédraogo, un chauffeur de François Compaoré, est mort le 18 janvier 1998 à l’infirmerie de la présidence du Faso, suite aux tortures à lui infligées par des éléments de la Garde de sécurité présidentielle. Interrogé par la Commission d’enquête indépendante mise en place après l’assassinat de Norbert Zongo, Gilbert Diendéré, chef d’état-major particulier de la présidence du Faso alors lieutenant-colonel, avance: «Je n’ai pas été informé le jour de l’interpellation de David Ouédraogo et de ses compagnons. J’ai été informé deux ou trois jours plus tard», avant d’ajouter qu’il a rendu compte au Chef de l’Etat (Blaise Compaoré) de la présence de David dans les locaux de la caserne. S’agissant du décès de David Ouédraogo, survenu le 18 janvier 1998, le lieutenant-colonel Diendéré précise: «Je pense que le compte rendu du décès  a dû être fait au Chef de l’Etat avant moi, puisque c’est son aide de camp qui m’en a rendu compte et qu’au moment des faits, je n’étais pas présent à Ouagadougou».

Allez y comprendre: Le tout-puissant patron du RSP et du «Conseil» en son temps qui n’est pas au courant des activités de ses hommes…

L’Impertinent

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