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Bobo-Dioulasso: des Burkinabè rapatriés de la Guinée Conakry

Le gouverneur de la région des Hauts-Bassins, par ailleurs président du Comité régional de secours d’urgence et de réhabilitation (CORESUR), a, avec sa suite, accueilli des Burkinabè rapatriés de la Guinée Conakry, le dimanche 06 décembre 2015 à Bobo-Dioulasso. Ils étaient âgés de 17 à 35 ans. Il a été annoncé 248 personnes mais ils étaient au nombre de 237 à l’arrivée dont sept femmes.

Alfred Gouba, le gouverneur de la région des Hauts-Bassins par ailleurs président du CORESUR est venu accueillir les rapatriés
Alfred Gouba, le gouverneur de la région des Hauts-Bassins par ailleurs président du CORESUR est venu accueillir les rapatriés

C’est dans une ambiance froide que les 237 Burkinabè rapatriés de la Guinée Conakry ont été reçus à Bobo-Dioulasso par les autorités régionales. Ils ont regagné le pays natal à bord de 04 cars de transport en commun, via Koloko, ville frontalière du Burkina Faso avec le Mali. C’est le stade Wobi de Bobo-Dioulasso qui a été leur pied-à-terre. Précaution oblige, ces derniers ont immédiatement, juste à leur descente des cars, bénéficié de gel désinfectant pour se frotter les mains avant de faire le rang pour leur enregistrement. Les raisons de leur expulsion? Beaucoup les ignorent.
Le président du CORESUR, le gouverneur de la région des Hauts-Bassins, Alfred Gouba, les ignore également. «Nous avons été alertés pour les accueillir à la frontière. Nous y avons envoyé une mission pour les recenser. Après quoi, nous avons pu envoyer quatre cars avec le soutien du ministère de l’Action sociale pour les ramener à Bobo afin de leur donner de quoi étancher leur soif avant de continuer le trajet pour ceux qui ne resteront pas à Bobo», a-t-il expliqué.

Les rapatriés à la descente des cars
Les rapatriés à la descente des cars

Si le gouverneur ne sait rien ou refuse d’en parler, Seydou Diarra, qui est l’un des rapatriés, s’explique volontiers: «Nous sommes allés en Guinée pour chercher de l’or. Sans savoir ce qui se passait, nous avons été surpris par des soldats lourdement armés comme s’ils étaient en guerre. Nous étions pourchassés, arrêtés puis jetés en prison dans un camp militaire. Quand ils voient un Burkinabè seulement, ils l’embarquent. Entre nous, nous nous sommes posé mille et une questions. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, nous ignorons les raisons de ces actes».

En rang, les 237 rapatriés…
En rang, les 237 rapatriés…

Aussi, a-t-il dit, ils ont été dépouillés de tous leurs biens puis traités de façon inhumaine dans le camp où ils étaient détenus. «Dans la prison où nous étions détenus, c’est là qu’on déféquait, faisait pipi et mangeait si on en avait», a-t-il déploré, avant de signifier que certains d’entre eux ont été victimes de bastonnades et de toutes sortes de maltraitances. Mais, il n’y aurait pas eu de viols selon eux.
A les entendre, les Burkinabè n’ont pas été les seuls dans cette situation. Des Sierra-Léonais et des Maliens auraient subi le même sort. Mais, ont-ils précisé, la cible privilégiée des soldats guinéens étaient les Burkinabè qu’ils traquaient jusqu’à la frontière. Pour ceux qui tentaient de fuir, ils les ramenaient en Guinée pour les jeter en prison.

… se sont fait enregistrer avant de continuer le chemin pour ceux qui devraient aller sur Ouagadougou ou ailleurs
… se sont fait enregistrer avant de continuer le chemin pour ceux qui devraient aller sur Ouagadougou ou ailleurs

248 initialement annoncés, ce sont finalement 237 personnes qui ont été enregistrées. Chacun d’entre eux a bénéficié, sur place, de la somme de 2000 FCFA pour se restaurer. Sur les 04 cars accueillis à Bobo, l’un contenait les rapatriés de la région des Hauts-Bassins et les 03 autres ceux de Ouagadougou et autres localités. Si certains ont immédiatement été reçus par les siens, nombreux sont ceux qui devront encore être à la charge de la Direction régionale de l’Action sociale des Hauts-Bassins, le temps de retrouver leurs parents.
Cheick Omar Traoré

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