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Bobo-Dioulasso: la justice privée ne saurait se substituer à l’ordre légal

La prolifération des chambres de passe dans les grandes villes comme Ouagadougou et Bobo-Dioulasso a atteint une certaine proportion qu’on a du mal à la freiner. Elle est un pied-de-nez aux bonnes mœurs et à la pudeur. Plus révoltant encore, cette prolifération des lupanars se fait souvent sans passer par les voies légales. Il n’y a aucun contrôle sur les conditions d’implantation de ces lieux. L’on peut donc aisément comprendre la colère et la révolte des populations face à ces entreprises néfastes qui jouent sur l’éducation de nos enfants. Mais de là à se substituer à l’autorité, il y a une marge. Le rôle de la population n’est pas de jouer les rôles de la police ou la gendarmerie, mais de collaborer et de dénoncer entre autres les violations des lois de la république.

Chambres de passe saccagées au secteur 4 de Bobo-Dioulasso

«Nul n’a le droit de se faire justice». Ce principe universel largement répandu ne suscite pas encore un écho favorable auprès des populations burkinabè en général et celles de Bobo-Dioulasso en particulier. La preuve, le dimanche 19 novembre, plusieurs maisons closes communément appelées chambres de passe ont été détruites au secteur 4  par un groupe de jeunes qui estiment que ces habitations sont non seulement des lieux de débauche situés dans des endroits sacrés, mais également qu’elles portent atteinte aux bonnes mœurs.

Armées de pioches, de pelles et de marteaux, plusieurs personnes ont participé à cette opération d’assainissement de la vie sociale.

Quelle que soit la situation, il faut éviter de se rendre soi-même justice. Ce n’est pas la solution dans un Etat de droit

Ces agissements sont délicats dans un Etat de droit où la justice personnelle ou de groupe n’a pas droit de citer. Le rôle de la population est de dénoncer à la gendarmerie et à la police les actes irréguliers et les agissements de certains citoyens jugés contraires aux lois de la république. Ensuite, elles doivent laisser les forces de l’ordre et de sécurité faire leur travail. Il n’est pas question de se substituer à elles quand bien même on en a ras-le-bol. Cela évite le désordre et l’incivisme. Faut-il rappeler que braver les lois en vigueur et usurper le rôle de la police et de la gendarmerie, c’est s’exposer à des sanctions? Ceci étant, la vindicte populaire n’est pas la solution. Elle est peut-être une expression de manque de confiance aux autorités. Aussi il y a une urgence à restaurer cette confiance entre les populations et les forces de l’ordre d’une part puis entre les populations et les magistrats qui rendent la justice au nom du peuple d’autre part.

Pour l’heure, en aucun cas, la justice privée ne saurait se substituer à l’ordre légal. L’autorité doit y veiller. C’est son rôle. Et on attend la suite de cette affaire. Pour l’exemple.

Théophile MONE

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